
« Aujourd’hui, il y a des défauts de fabrication dans la manière dont on fait les intelligences artificielles [IA] qui m’inquiètent beaucoup. » Tel Robert Oppenheimer (1904-1967), qui alerta sur la bombe atomique qu’il avait contribué à créer, Yoshua Bengio s’inquiète des risques de l’IA et a créé l’association LoiZéro pour mettre au point des IA « sûres et fiables par construction ».
« Je ne me comparerai pas à Oppenheimer, explique ce professeur au département d’informatique et de recherche opérationnelle de l’université de Montréal, au Canada, dans un entretien au Monde. Ce qui me motive, c’est surtout penser à l’avenir de l’humanité, l’avenir de mes enfants. Même si les événements catastrophiques ont une probabilité très faible, mettons de 1 %, c’est important de les éviter. » Yoshua Bengio, 61 ans, n’est pas un « doomer », un prophète de l’apocalypse. Il est l’un des pères de l’intelligence artificielle. Avec le Français Yann Le Cun et le Britannique Geoffrey Hinton, ce Canadien d’origine franco-marocaine a reçu, en 2019, le prix Turing, l’équivalent du Nobel pour l’informatique.
Il vous reste 89.47% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




