
Alors que les affrontements font rage entre les séparatistes du Yémen et les autres membres de la coalition gouvernementale, l’Arabie saoudite a invité, samedi 3 janvier, « toutes les factions du sud » du Yémen à un « dialogue » à Riyad, et « à participer activement à la conférence » destinée à trouver « des solutions justes (…) qui satisferont les aspirations légitimes du peuple du Sud », selon un communiqué du ministère des affaires étrangères saoudien.
Cette invitation, que Riyad a précisé avoir formulée à la demande du gouvernement yéménite, intervient juste après des bombardements saoudiens meurtriers contre le mouvement séparatiste.
Ce dernier, baptisé Conseil de transition du Sud (STC), avait annoncé, vendredi, engager un processus de deux ans pour établir un Etat dans le sud du pays le plus pauvre de la péninsule arabique, déjà dévasté par des années de guerre. Le STC s’est emparé de vastes régions du Yémen ces dernières semaines et a affirmé son intention d’y rester malgré les appels au retrait répétés de la part de Riyad.
« Partant du désir et de la volonté de notre peuple du Sud de restaurer et proclamer son Etat (…) nous annonçons l’entrée dans une phase transitoire d’une durée de deux ans », avait déclaré le président du STC, Aidroos Al-Zubaïdi dans une déclaration télévisée. Une République démocratique et populaire a été indépendante entre 1967 et 1990 dans le sud du Yémen.
Aidroos Al-Zubaïdi avait aussi appelé la communauté internationale à parrainer un « dialogue » entre les différentes parties, avertissant que le groupe déclarerait « immédiatement » l’indépendance si l’appel au dialogue n’était pas entendu ou si le sud du Yémen était de nouveau l’objet d’« agressions militaires ».
Le chef séparatiste a affirmé que la période de transition comprendrait notamment l’organisation d’un référendum d’autodétermination, alors qu’une République démocratique et populaire a été indépendante entre 1967 et 1990 dans le sud du pays.
Frappes saoudiennes
Plus tôt dans la journée, le STC, soutenu par les Emirats arabes unis, a fait état auprès de l’Agence France-Presse (AFP) de nouvelles frappes saoudiennes à Al-Kasha sur ses troupes, faisant 20 morts parmi les membres de ses forces. Il s’agit des premières pertes humaines infligées par Riyad, allié au gouvernement yéménite, au STC depuis que ce dernier a pris le contrôle en décembre de territoires dans la province riche en pétrole de Hadramaout, frontalière de l’Arabie, ainsi que dans la région voisine de Mahra.
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Le chef du STC pour les régions de Wadi et du désert de Hadramaout, Mohammed Abdelmalek, a également fait état d’une attaque au sol − repoussée selon lui − par des « milices » islamistes et le groupe djihadiste Al-Qaida.
L’avancée séparatiste a suscité la colère des autres factions gouvernementales – le STC fait aussi partie de cette coalition – et de l’Arabie saoudite, attisant les tensions avec les Emirats arabes unis. Abou Dhabi avait cependant affirmé en fin d’après-midi être déterminé à œuvrer à une « désescalade », disant notamment avoir retiré ses dernières forces du Yémen, où elles avaient été déployées dans le cadre de la coalition.
« Mettre fin à l’escalade »
Le porte-parole militaire du STC, Mohamed Al-Naqib, a parlé quant à lui d’une « guerre existentielle ». Une source au sein du STC a fait état de frappes contre une autre base et un aéroport à Seyoun, une ville de l’Hadramaout aux mains du mouvement. Des témoins ont parlé de combats dans le secteur.
Un peu plus tôt, le gouverneur de l’Hadramout, Salem Al-Khanbashi, avait annoncé une opération terrestre des forces gouvernementales soutenues par l’Arabie visant à prendre le contrôle de bases militaires dans la région de l’Hadramaout de « manière pacifique ».
Des sources saoudiennes ont confirmé que les premières frappes de vendredi avaient été menées par la coalition dirigée par Riyad, initialement mise en place en 2015 pour soutenir le gouvernement face aux rebelles houthistes, soutenus par l’Iran, qui se sont emparés de la capitale, Sanaa, en 2014, puis de larges pans du nord du pays. Une trêve conclue en 2022 est globalement respectée dans ce conflit, qui a fait des centaines de milliers de morts, morcelé le pays et provoqué l’une des pires crises humanitaires au monde.




