samedi, mars 28

  • Les jeunes n’ont jamais été aussi connectés et, dans le même temps, ne se sont jamais sentis aussi seuls.
  • Alors, y a-t-il un lien entre leur quotidien ultraconnecté et leur sentiment de solitude ?
  • Une question à laquelle tentent de répondre les spécialistes avec une étude participative baptisée projet Mentalo.

Quatre jeunes sur dix déclarent se sentir seuls, selon les premiers résultats de cette étude menée par l’Inserm (nouvelle fenêtre). S’agit-il d’une simple coïncidence ou d’une conséquence de l’essor des interactions numériques ? « Ceux qui ne se sentent pas seuls sont deux fois moins nombreux à passer plus de cinq heures par jour sur les écrans« , observe Karine Chevreul, directrice de l’équipe Inserm du projet Mentalo (nouvelle fenêtre), sur le site officiel du gouvernement (nouvelle fenêtre)

Ce programme est une étude participative qui suit le bien-être des jeunes de 11 à 24 ans et les liens entre usages numériques et santé mentale. Pour la directrice, il est difficile d’établir un lien de cause à effet. « On ne sait pas toujours si les jeunes se sentent seuls parce qu’ils sont hyperconnectés, ou s’ils se réfugient dans les écrans parce qu’ils se sentent seuls« , nuance-t-elle.

Des solutions pour sortir de l’isolement

Tous les usages ne se valent pas. Pendant la crise sanitaire, certains travaux ont montré que les jeunes les plus connectés, notamment via les réseaux sociaux, s’en sortaient parfois mieux. « Tout dépend de l’usage, du temps passé et du moment de la journée », précise-t-elle. Le problème apparaît lorsque les écrans empiètent sur le sommeil ou remplacent les interactions réelles. Dans ce cas, l’hyperconnexion peut renforcer le sentiment de solitude (nouvelle fenêtre).

« Quand on se sent seul, on a 2,5 fois plus de risques de souffrir de détresse psychologique », alerte la chercheuse. Isolement et troubles dépressifs sont étroitement liés, notamment lorsque les jeunes ont le sentiment de ne pas avoir de place ou de rôle social. Pourtant, des solutions existent. « Le fait de faire des activités, de sortir et de voir du monde améliore le bien-être », souligne-t-elle. 

Activités sportives, culturelles ou associatives favorisent les interactions et rompent l’isolement. Reste un point essentiel : oser en parler. « Être fort, c’est reconnaître que sa santé mentale est dégradée et ne pas en avoir honte », insiste-t-elle. Une première étape indispensable pour sortir du silence… et, peut-être, de la solitude subie.

Loïs BOUMAL pour TF1 INFO

Share.
Exit mobile version