jeudi, janvier 15

  • Le réseau social X a promis d' »empêcher » son outil d’intelligence artificielle Grok de « déshabiller » des personnes réelles.
  • De nombreuses femmes avaient été victimes ces dernières semaines d’images les dénudant via cette méthode.
  • Mais ce blocage s’appliquera uniquement « au sein des juridictions où cela est illégal ».

Suivez la couverture complète

Twitter dans la galaxie d’Elon Musk

X tente de répondre aux critiques. Le réseau social du milliardaire Elon Musk a annoncé mercredi 14 janvier une série de mesures destinées à « empêcher » son outil d’intelligence artificielle Grok de « déshabiller » des « personnes réelles« . « Nous avons mis en place des mesures technologiques pour empêcher le compte Grok de permettre l’édition d’images de personnes réelles dans des tenues révélatrices, comme des bikinis« , indique ainsi X, dans un message publié aux États-Unis.

Un blocage seulement « au sein des juridictions où cela est illégal »

Ces dernières semaines, de nombreuses femmes ont été victimes d’utilisateurs utilisant cette technologie pour détourner leurs photos en les dénudant. Les associations de défense des droits des enfants s’inquiètent aussi d’un usage détourné de l’IA de X pour produire des images pédopornographiques. En Asie, la Malaisie et l’Indonésie ont temporairement suspendu la plateforme au sein de leurs frontières face à ces problèmes.

Dans le détail, comment le réseau social américain compte-t-il mettre fin à un tel fléau ? X précise que ces nouvelles restrictions concerneront aussi bien les utilisateurs gratuits de son réseau que ses abonnés payants. Mais il demeure tout de même flou sur l’application de ses nouvelles règles. En effet, l’entreprise compte mettre en place « un blocage géographique » de la génération d’images dénudées de personnes réelles uniquement « au sein des juridictions où cela est illégal« . Une formule qui laisse planer une certaine incertitude.

L’UE et le Royaume-Uni satisfaits mais prudents

L’Union européenne et le Royaume-Uni ont salué avec prudence les annonces de X. « Nous prenons acte des mesures supplémentaires adoptées » et « nous évaluerons attentivement ces changements afin de nous assurer qu’ils protègent efficacement les citoyens de l’Union européenne« , a ainsi déclaré Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne, mercredi. 

Le Premier ministre britannique Keir Starmer s’est dit pour sa part « informé » de la volonté de X d' »assurer une totale conformité avec la législation » du Royaume-Uni. « Si c’est le cas, c’est une bonne chose, mais nous ne reculerons pas et ils doivent agir« , a souligné le dirigeant. Lundi, l’Ofcom, une autorité de régulation du pays, avait ouvert une enquête indépendante contre Grok sur ces images à caractère sexuel.

La semaine dernière, l’ONG AI Forensics a réalisé une analyse de plus de 20.000 images générées par Grok. Sur cette sélection, plus de la moitié représentaient des personnes légèrement vêtues, dont 81% étaient des femmes et 2% paraissaient mineures. Les victimes, elles, ressentent une véritable impuissance face à ces deepfakes. « Des gens ont demandé à Grok de me voir en bikini« , a témoigné l’une d’entre elles, Margaux, sur LCI. « Je n’ai pas donné mon consentement. C’est humiliant, c’est très dégradant. J’estime qu’en maintenant 2026, on ne peut pas laisser une IA aussi incontrôlée sur Internet.« 

T.A. avec AFP

Share.
Exit mobile version