mercredi, février 25

  • Le passager d’un RER qui écoutait une vidéo un peu trop fort a dû payer une amende de 200 euros.
  • Une sanction qui peut paraître forte, mais les incivilités empoisonnent les trajets quotidiens de nombreux usagers.
  • Une équipe de TF1 a rencontré le passager en question et se penche sur les incivilités dans les transports.

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Le 20H

Il y a deux semaines, Lakhdar se rend à son travail en RER, comme il le fait tous les jours. « Je regardais mon téléphone, j’aime bien regarder un peu les stories, les petites vidéos que je reçois », raconte-t-il dans le reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article. Mais sans mettre d’écouteurs, ses voisins profitent donc alors aussi du bruit. Pourtant, selon lui le niveau sonore « était vachement raisonnable ». Mais pas pour les agents de la SNCF, qui lui demandent de descendre à la prochaine station et de payer une amende : 150 euros tout de suite, ou plus tard, majorée à 200 euros. 

Ca a été un peu soudain et la sanction est tombée un peu nette.

Lakhdar, verbalisé dans le RER

C’est cette deuxième option que Lakhdar choisit. « Je comprends que ça puisse gêner les autres usagers, mais là, il n’y a eu aucune pédagogie. C’est vrai qu’on m’a fait descendre et qu’on m’a mis l’amende manu militari, et qu’on m’a invité à quitter la gare. Si simplement on m’avait demandé de baisser le son, même de le couper totalement, je l’aurais fait immédiatement. Là ça a été un peu soudain et la sanction est tombée un peu nette », déplore-t-il. 

Les agents étaient pourtant bien dans leur droit, car les nuisances sonores dans les transports sont punies par la loi, que ce soit les appels téléphoniques, les musiques, ou encore les vidéos. Comme le rappelle SNCF Voyageurs dans un communiqué : « Les opérateurs franciliens (…) mènent des campagnes régulières contre le phénomène. L’objectif est que les voyageurs puissent se déplacer en toute sécurité et en toute sérénité ». La loi limite le montant de cette amende à 750 euros maximum. Mais chaque exploitant de réseau détermine son tarif. En moyenne 150 euros, en Ile-de-France, 140 euros à Marseille ou encore 100 euros à Nice. 

Sanctions appropriées ou excessives ? La question divise les voyageurs. « Je ne savais pas qu’on pouvait être verbalisé pour écouter la musique dans le train. C’est un peu sévère. Un petit rappel à l’ordre aurait sûrement suffi », commente le passager d’un train face à notre caméra. En revanche, une mère de famille trouve que « c’est normal » : « Car c’est un manque de respect envers le reste du wagon. Si tout le monde se met à faire ça, on n’est pas sortis des ronces »

Ce type d’amende reste rare, mais les incivilités inondent les réseaux sociaux. Comme cet usager dans le métro lillois qui écoute de la musique sur une petite enceinte. Ou ceux habitués à salir les sièges avec leurs chaussures. Alors les entreprises de transport redoublent d’humour dans des campagnes de sensibilisation. C’est l’illustration d’une gêne qui se chiffre. En Ile-de-France, 8 usagers sur 10 affirment avoir déjà été dérangés par des incivilités.

Virginie FAUROUX | Reportage : Lise CLOIX, Julien ROUX et Gilles PARROT

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