- Jeudi soir, la police de Toulouse a reçu un appel d’urgence d’une femme terrorisée.
- Une fois sur place, ils ont compris qu’il s’agissait d’un canular.
- Une mauvaise blague qui ne fait pas beaucoup rire le voisinage.
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Le 20H
Jeudi 15 janvier, la police nationale a reçu à Toulouse un appel d’urgence inquiétant. Au bout du fil, une voix de jeune femme terrorisée, affirmant que deux hommes avaient abattu ses parents et qu’elle s’était enfermée dans les toilettes. Immédiatement, une dizaine de policiers se sont rendus à l’adresse indiquée. Après vérification, ils ont compris qu’il s’agissait d’un canular. L’auteur de cet appel mensonger avait eu un différend sur Internet avec un occupant de l’appartement visé.
« Il y avait quelques agents de police qui étaient là »
, raconte un voisin, dans le reportage du JT de TF1 en tête de cet article. « Je me demande ce qui s’est passé, pourquoi la police est là »
, relate une autre. « Au final, c’est une farce, mais vraiment de mauvais goût. Et ce n’est pas quelque chose qui est sans conséquence, pour moi »
, estime un riverain.
« Vous videz la moitié de la ville de ses effectifs »
Les forces de l’ordre n’ont pas non plus apprécié d’être sollicitées pour rien. Il faut dire que ce genre de coup n’est pas sans danger : « Avec quatre équipages de police, à trois policiers par équipage, vous videz la moitié de la ville de ses effectifs de police à ce moment-là »
, pointe Sébastien Pelissier, secrétaire adjoint Haute-Garonne du syndicat Alliance police nationale.
Ces faux canulars donnant lieu à de vraies descentes de police sont particulièrement fréquents aux États-Unis. Les Américains leur donnent le nom de Swatting, en référence à l’acronyme SWAT, équivalent du GIGN outre-Atlantique. Le phénomène est notamment courant chez les amateurs de jeux vidéo en ligne, qui filment les descentes de police en direct sur les réseaux.
« Des logiciels qu’on peut trouver sur Internet »
La pratique se développe aussi en France depuis une dizaine d’années : la police en a compté 189 occurrences en 2024, contre seulement 19 en 2015. « Les malveillants utilisent des logiciels qu’on peut trouver sur Internet, et ça leur permet de passer un appel, par exemple, de Thaïlande. Ensuite, ils peuvent aussi cacher leur voix, par exemple par
l’intelligence artificielle
«
, explique Damien Bancal, expert en délinquance informatique pour le site Zataz.com, dans le reportage ci-dessus.
Environ 200 procédures sont lancées chaque année en France contre les auteurs de tels canulars. Les peines sont souvent lourdes : en 2023, un jeune homme de 20 ans a été condamné à deux ans de prison ferme.




