vendredi, février 27

  • Dans les rayons des supermarchés, les bouteilles sont en général calibrées aux formats de 25 cl, 33 cl ou 75 cl.
  • Ces différentes tailles sont-elles dues à une tradition ou à du marketing ?
  • Une équipe de TF1 a mené l’enquête.

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Le 13H

Qu’importe le contenant, qu’importe la boisson, sur les étiquettes des bouteilles, ce sont toujours ces mêmes valeurs : 75, 33 ou encore 25 centilitres. Des formats tellement familiers que l’on ne s’interroge pas sur leur origine. « Vous me posez une colle. Disons qu’on a pris cette habitude-là d’avoir ces contenants et on s’y fait », lance ainsi le client d’une cave à Domloup (Ille-et-Vilaine) dans le reportage du JT de TF1 visible en tête de cet article. 

Pourquoi ne font-elles pas toutes un litre, par exemple ? Ces petits formats seraient-ils un appel à la modération ? C’est ce que pense une autre cliente. « On se dit qu’on boit une bière de 33 cl, donc on s’arrête à une bière, pas deux », assure-t-elle. Mais l’explication semble insuffisante. 

Si chaque brasserie avait son format de bière, en fait, ça serait compliqué au niveau des transports, au niveau des coûts.

Erwann Carro, propriétaire de la cave « Les 3 p’tits bouchons », à Domloup (Ille-et-Vilaine)

Prenons les bières, pourquoi la plupart ont-elles la même contenance ? Erwann Carro, propriétaire de la cave « Les 3 p’tits bouchons », a sa petite idée. « Le format 33 centilitres, c’est ce qu’on appelle long neck, c’est vraiment la norme », dit-il. Selon lui, c’est une question de logistique. « Si chaque brasserie avait son format de bière, en fait, ça serait compliqué au niveau des transports, au niveau des coûts. Là, on peut mélanger les brasseries sur une palette, c’est pas contraignant », ajoute-t-il. Mais pourquoi s’être arrêté précisément sur 33 centilitres ? « C’est peut-être aussi par rapport à d’autres pays, comme la Belgique ou l’Allemagne, qui sont des fervents buveurs de bière », tente un habitué. 

Nous sommes sur la bonne piste, mais c’est plutôt aux Anglo-Saxons que l’on doit cette norme. Historiquement, leurs bières contiennent 12 onces, soit environ 35 centilitres. Une tradition récupérée par les Français en se basant sur le litre. « Naturellement, le 33, c’est le tiers de litre et c’était le plus proche de leur format 0,355. Et donc ça a été le pont entre leur contenant à eux et le tiers de litre », explique Uisant Crequer, président de Distro. Le 33 centilitres correspond aussi de plus en plus aux usages. En termes de quantité et de gamme de prix, il colle parfaitement à la demande des clients en restaurant. 

Dans la cidrerie traditionnelle Nicol à Surzur (Morbihan), plusieurs formats de bouteilles existent, mais ça n’a pas toujours été le cas. « Encore avant mes parents, le cidre était consommé en litres. Le fameux litre étoilé que tout le monde consommait. Il y avait aussi du vin rouge, rosé, blanc. Et c’était du vin… pas bas de gamme, mais vraiment du vin de table », souligne Jean-Michel Nicol, le co-gérant. 

Pour le vin plus prestigieux, il fallait plutôt se tourner vers les bouteilles de 75 centilitres. Une norme que l’on doit encore aux Anglais, car à la fin du XVIIIe siècle, ils sont les principaux importateurs des vins de Bordeaux. On se base donc sur leur unité de mesure, le gallon. « Un gallon, c’est l’équivalent de 6 bouteilles de 0,75. Donc ils ont imposé cette valeur-là. Et ensuite, le commerce du vin ayant augmenté, ils ont normalisé ça à l’ensemble du marché du vin », raconte Philippe Maurange, directeur de l’agence Ozco. Désormais, vous saurez quoi répondre au moment de trinquer. Avec modération. 

Virginie FAUROUX | Reportage TF1 : Kevin GAIGNOUX, Matthieu DESMOULINS et Killian MOREAU

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