mardi, mars 17

  • Poser des limites aide à éviter les situations inconfortables et la surcharge mentale.
  • Dire non est un exercice bénéfique pour la relation envers soi et les autres.
  • Pourtant, il arrive de ressentir de la culpabilité ou de l’anxiété après avoir dit « non ».

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Bien dans son corps, bien dans sa tête

Apprendre à dire non et à fixer des limites est une nécessité. C’est non seulement un exercice d’affirmation de soi, mais c’est aussi un moyen de se prémunir d’une charge mentale déjà bien trop lourde, que ce soit dans la vie quotidienne ou dans le milieu professionnel. Par exemple, au travail, 47% des salariés se disent en détresse psychologique, selon le baromètre Ipsos (nouvelle fenêtre) publié en 2025 sur l’état psychologique des salariés français. Pire : un salarié sur cinq craque au moins une fois par semaine. Dans la vie privée, l’envie de plaire, la peur de décevoir, la recherche d’approbation poussent les individus à accepter des choses qu’ils ne souhaitent pas forcément faire. Si dire « non » permet de se protéger notamment du burn-out, pourtant cet exercice n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. 

Pour la psychologue Jennifer Guttman, poser des limites peut engendrer « des sentiments de culpabilité, de tristesse ou d’anxiété« . Elle ajoute dans un article publié dans Psychology Today (nouvelle fenêtre) que « c’est le reflet d’un système nerveux activé par la peur provoquée par la possibilité instinctive d’un rejet« . La psychologue Audrey Chevallier précise sur son site Internet (nouvelle fenêtre) : « Chaque être humain est marqué par cette volonté de plaire, d’être aimé, de ne pas décevoir l’autre« . Et d’ajouter : « Nous sommes alors persuadés qu’un non peut nous faire perdre l’estime, la faveur ou l’amour de notre conjoint, de notre patron, de notre enfant, de notre mère« .

Chasser la culpabilité et retrouver la sérénité

 Fixer des limites permet d’éviter de se retrouver dans des situations inconfortables. Jennifer Guttman indique qu’au début, dire non « vous mettra forcément, mal à l’aise… Mais ce malaise ne signifie pas que vous avez fait du mal à quelqu’un ou que vous avez mal agi« . Pour chasser le sentiment de culpabilité qui peut vous envahir, elle conseille d’énoncer clairement le refus, sans explications, sans ambivalence et sans justification. Dire « je ne peux pas faire ça » plutôt que « je ne pourrai peut-être pas le faire« . Il est aussi conseillé de tenir sa ligne, même si la personne entend « non » et commence à contester ou exprime de la colère. 

La psychologue rappelle que « dans la vie, la dynamique des relations évolue constamment. Cela ne signifie pas pour autant que la relation est rompue« . Audrey Chevallier propose de prendre également du recul après avoir fixé ses limites afin de ne pas se laisser emporter par le bruit intérieur. « Tentez de mesurer les conséquences de votre non sans précipitation, pesez le pour et le contre à tête reposée. Votre désir a un prix, il vous permet de vous affirmer, alors, écoutez-vous. Ne culpabilisez pas après avoir dit non« , note-t-elle. 

Enfin, les experts ajoutent que dire « non » ne concerne pas qu’autrui, mais les limites s’appliquent aussi à soi. Et souvent, ce sont elles, qui sont les plus difficiles à mettre en place. Mais, comme le rappelle Jennifer Guttman, « ce sont souvent les changements qui nous font le plus peur et nous angoissent qui nous apportent le plus de sérénité. Poser des limites vous aidera à vous sentir plus fort et plus forte« .

Sabine BOUCHOUL

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