- Retrouver sa famille peut déclencher des comportements enfantins liés à d’anciens schémas familiaux profondément ancrés.
- Ces réactions automatiques se manifestent par des émotions exacerbées ou des tensions entre proches.
- Pour y faire face, il est essentiel de s’ancrer dans son rôle d’adulte.
Vous avez beau être un adulte responsable, peut-être parent et avec un poste avancé dans votre boîte, dès lors que vous passez la porte de la maison de vos parents, vous redevenez un enfant ou un adolescent. Vous vous retrouvez à vous chamailler avec votre frère ou votre sœur, à vous sentir offensé par les remarques de votre mère ou blessé par les critiques de votre père. Cette régression n’est pas anormale. Pour le psychologue Chester H. Sunde, c’est le résultat de notre schéma familial. « Vous avez tous appris quelles parties de vous-même étaient acceptables, lesquelles devaient être cachées, comment attirer l’attention, comment assurer votre sécurité »,
écrit-il dans Psychology Today.
Il poursuit : « Ces schémas se sont profondément ancrés, non seulement comme des souvenirs, mais aussi comme des réponses psychologiques automatiques
« . Ainsi, lorsque l’on retrouve notre famille, même des années plus tard, ces vieux schémas, ces anciennes réponses psychologiques se réactivent, automatiquement. Ce sont les repères familiers et l’environnement qui déclenchent « les mécanismes de défense que vous avez mis en place
» dans le contexte familial.
Comment réagir ?
Chester H. Sunde explique que cette régression touche directement des composantes qui n’ont pas été intégrées dans l’adolescence et dans l’enfance. « Vous recherchiez l’approbation et la validation, aviez besoin de vous sentir en sécurité, mais votre propre jugement n’était pas encore développé ou n’était pas respecté »
, souligne le psychologue.
Et cette régression active se ressent dans le corps et dans l’esprit. Elle se manifeste par une respiration superficielle, une boule dans l’estomac, une tension dans la gorge. Émotionnellement, il est possible de constater « des réactions disproportionnées
» : une colère excessive, une grande anxiété disproportionnée, un sentiment d’être critiqué, un besoin de se justifier. « Sur le plan comportemental, vous pourriez vous surprendre à retomber dans d’anciens rôles familiaux : celui de médiateur, de bouc émissaire, d’enfant chéri. Ou à rivaliser avec vos frères et sœurs pour des broutilles
« , ajoute Chester H. Sunde.
Pour les psychologues, il n’est pas possible d’empêcher cette régression, car les schémas sont « profondément ancrés et le contexte familial trop puissant
« . En revanche, il est possible de prendre conscience et de faire en sorte de retrouver son ancrage et de ne pas se laisser submerger par l’émotion. « Sentez vos pieds sur le sol, littéralement, physiquement, pour maintenir le lien avec votre corps et votre être d’adulte
« , conseille le psychologue. Et d’ajouter : « Choisissez une réponse consciemment plutôt que de réagir automatiquement
« .




