lundi, février 16

  • Un engin explosif « de faible intensité » a été désamorcé vendredi 13 février au domicile d’un ingénieur de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs dans les Vosges.
  • L’action a été revendiquée par des opposants au projet d’enfouissement de Bure, dans la Meuse.

Elle a été découverte près d’un cabanon de jardin. Une bombe a été désamorcée au domicile d’un ingénieur de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs vendredi 13 février à Liffol-le-Grand, dans les Vosges. « Les investigations menées par la brigade de recherches de Neufchâteau se poursuivent pour identifier le ou les auteurs et leurs mobiles », a indiqué le procureur d’Épinal, Frédéric Nahon, qui a fait ouvrir une enquête.

L’action a été revendiquée dans un texte publié sur le site anarchiste infoLibertaire.net qui évoque « une bombe de faible intensité (…), un dispositif incendiaire qui provoque l’explosion d’une ou plusieurs cartouches de gaz » mais qui « n’a mis personne en danger ».  L’ingénieur visé y est qualifié de « mafieux du nucléaire » en tant que l’un des responsables du projet Cigéo d’enfouissement de déchets nucléaires hautement radioactifs sur le site de Bure. « C’est inacceptable. On ne peut pas s’en prendre à l’entourage, à la famille », a dénoncé le maire de la commune, Cyril Vidot.

Des plaintes déposées

Lancé en 1991, le projet Cigéo a fait l’objet d’une reconnaissance d’utilité publique en 2022. Il pourrait accueillir au moins 83.000 m3 de déchets hautement radioactifs à 500 m dans le sous-sol argileux de Bure d’ici à 2035-2040. Entre 700 et 2.000 personnes ont encore manifesté sur place contre le projet en septembre, sous haute surveillance policière. L’ingénieur ciblé, qui avait déjà fait l’objet d’un jet de farine et dont le domicile avait été tagué, a porté plainte. L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs va déposer plainte également dans la journée, a déclaré son directeur industriel Patrice Torres.

« Ça dépasse ce que nous avions jusqu’à présent pu subir. On a déjà eu du matériel et des équipements auxquels des opposants au projet avaient mis le feu (…). Mais là, on est sur tout autre chose, c’est encore une étape supérieure où on vise individuellement un collaborateur, et on va le viser en plus chez lui », a-t-il déploré. Dans un e-mail adressé aux médias, la coordination d’opposants Stop Cigéo a tenu à rappeler lundi qu’elle « n’a jamais cautionné et ne cautionnera jamais l’atteinte ou les tentatives d’atteinte aux personnes ».

La rédaction de TF1info avec AFP

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