mardi, mars 24

  • Trois hommes, parmi lesquels un argentier de la présidence de la République, sont jugés ce jeudi à Paris.
  • Ils sont poursuivis dans une affaire de vol de vaisselle en porcelaine à l’Elysée.
  • Le montant des pièces dérobées avoisinerait les 370.000 euros.

Des pièces prestigieuses dérobées au sein du palais de l’Élysée. Poursuivis pour vol et recel de dizaines de pièces de porcelaine dérobées à l’Elysée, un argentier de la présidence de la République, son conjoint et un gardien du Louvre comparaissent ce jeudi 26 février devant le tribunal correctionnel de Paris. Cette affaire a débuté à la suite d’une disparition inexpliquée de vaisselle prestigieuse, suite à laquelle l’enquête a rapidement ciblé un réseau de revente.

Thomas M., un argentier de la présidence, qui avait le droit de récupérer quelques objets abîmés, aurait détourné des pièces en parfait état de la Manufacture de Sèvres. Par la suite, son partenaire se chargeait d’écouler ces pièces, utilisées lors des dîners d’État. 

15.000 euros de porcelaine achetés en l’espace de deux ans

La rencontre avec l’acheteur de la vaisselle s’est faite en ligne. L’avocat du receleur présumé Ghislain M., Me Xavier Autain, a détaillé auprès de l’AFP la méthode employée : « sur Facebook, il existe des tas de groupes et notamment un groupe d’amateurs de porcelaine ». C’est sur cette plateforme que le réseau a opéré. « Dans ce groupe d’amateurs de porcelaine, un jour, le conjoint de l’argentier le contacte en lui disant ‘vous êtes machin, moi j’ai telle pièce' », ajoute l’avocat.

Ghislain M., est chargé de l’accueil au musée du Louvre. Ce passionné a acquis « près de 150 pièces » sans se méfier du volume. Pour Me Autain, son client « est un collectionneur passionné et le collectionneur passionné n’a parfois pas la raison qui devrait continuer à l’habiter ». L’avocat compte plaider « l’aveuglement » de ce collectionneur « primo-délinquant », qui a dépensé « 15.000 euros en deux ans » dans ces achats de pièces en provenance de l’Elysée.

Ceux qui ont volé reconnaissent que c’est une connerie et qu’ils n’auraient pas dû faire ça

Avocat d’un des hommes jugés

Dans cette affaire, la Manufacture de Sèvres s’est constituée partie civile. Elle évalue le préjudice à « 370.000 euros », valorisant « chaque assiette à environ 5.000 euros », selon l’avocat qui conteste cette méthode : « la Manufacture de Sèvres, qui fait l’expertise pour elle-même, puisqu’elle est partie civile et experte, ce qui est assez surprenant, dit que c’est 370.000 euros… ». L’avocat rappelle que des objets usagés se négocient « entre 50 et 1.500 euros » aux enchères.

Aujourd’hui, « l’heure est aux regrets » pour les trois personnes impliquées, qui ont restitué les pièces. « Même ceux qui ont volé reconnaissent que c’est une connerie et qu’ils n’auraient pas dû faire ça », conclut l’avocat. 

TD avec AFP

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