- Environ 70% des Français se font la bise pour se dire « bonjour ».
- Certains trouvent cette pratique ringarde et préfèrent l’éviter.
- Dans « Bonjour ! Avec vous », les chroniqueurs débattent de cette façon de se saluer.
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Bonjour ! La Matinale TF1
C’est une pratique qui a bien changé. En France, environ un Français sur trois se dit « bonjour » en se faisant la bise. Avant le Covid, 91% des Français se faisaient la bise, un taux qui a bien baissé pendant la pandémie, puisque seuls 39% des Français continuaient à le faire en 2020. Aujourd’hui, environ 70% d’entre nous embrassent leur entourage pour lui dire « bonjour ». Des changements dans notre vie quotidienne qui ont intéressé l’équipe de « Bonjour ! Avec vous », le nouveau format de l’émission matinale de TF1. Ce mercredi 21 janvier, les chroniqueurs se sont montrés plutôt divisés sur la question du côté désuet de la bise.
D’un côté, Cécile de Ménibus et Julie Tomei, qui défendent le « contre », de l’autre, Jacques Legros et Bénédicte Le Chatelier qui défendent le « pour ». Ces deux derniers mettent notamment en avant une pratique ancestrale qui peut avoir des bénéfices. Si la bise pose une question de transmission des microbes, cette dernière a aussi un intérêt pour la santé, rappelle Bénédicte Le Chatelier : « Quand on embrasse quelqu’un, on libère de l’ocytocine, c’est l’hormone du lien social. Ça fait baisser le stress et la pression artérielle, ça ralentit le
rythme cardiaque
… »
, explique la journaliste, qui précise que, selon certaines études, « 5 à 10 minutes de câlin par jour boosteraient notre système immunitaire »
.
Bienfaits et traumatismes d’enfance
Mais si ces bienfaits sont communément admis, reste que la bise n’est pas une partie de plaisir pour tout le monde, particulièrement quand on n’a pas envie d’embrasser la personne en face. Damien, téléspectateur de La Barthe-De-Neste, témoigne par exemple : « La bise
entre collègues
c’est non, car on n’a pas forcément envie de faire la bise à des personnes qu’on n’apprécie pas. »
Même au-delà du cercle professionnel, certaines embrassades laissent des souvenirs amers, rappellent Cécile de Ménibus et Julie Tomei. Cette dernière se souvient d’ailleurs avoir été obligée de faire la bise à des membres de sa famille qui faisaient des « bisous qui piquent, qui claquent ou des bisous mouillés »
, alors qu’elle n’en avait alors pas envie.
Pour résoudre cette problématique des bises non-désirées, reste à respecter un élément crucial dans la vie du quotidien : le consentement. Si poser la question « est-ce que je peux te faire la bise ? »
rebute certains, dont Jacques Legros, les personnes qui ne sont pas à l’aise avec la bise sont pourtant plutôt faciles à discerner, répondent les deux journalistes qui défendent le « contre ». Et la bise dans le milieu professionnel reste plutôt marginale, rappelle Cécile de Ménibus : seuls 10% des Français s’embrassent pour se dire « bonjour » dans ce cadre.
Pratique qui évolue avec le temps
Si les pratiques changent dans la façon de se faire, ou non, la bise, cette manière de se dire « bonjour » est déjà le fruit d’une série de nombreuses évolutions, rappelle Cécile de Ménibus. La bise est née dans la Grèce Antique, où elle était signe de respect, explique la journaliste, qui continue : « Après, c’est la tradition chrétienne qui s’en est emparée, ce qu’on a appelé le baiser de paix qu’on continue d’ailleurs à faire dans certains cultes et notamment dans la religion catholique. Au cours du Moyen-Âge, c’est devenu un baiser d’allégeance, de respect. Le grand tournant, ça a été à la
Révolution française
: plus de strates sociales, plus de hiérarchie, on met tout à la poubelle. On célèbre l’égalité et la fraternité avec la bise et c’est comme ça que c’est devenu un geste pour se dire bonjour. »
Tout le monde ne s’est pas toujours dit « bonjour » avec la bise, rappelle Christophe Beaugrand, qui souligne que les hommes ne se faisaient pas la bise entre eux avant une époque assez récente. « Ça ne se faisait pas du tout… On se serrait la main et encore »
, se rappelle Jacques Legros, qui considère que mai 68 a, de manière générale, marqué un tournant dans la pratique de la bise. Pas de doute, celle-ci est désormais acceptée chez les femmes comme les hommes, mais reste à savoir si elle restera ancrée dans les mœurs ou si elle finira par disparaître.




