dimanche, juin 28

L’enquête sur le dramatique accident d’avion qui a fait 11 morts près de Nancy dimanche 28 juin, le plus meurtrier en France pour l’aviation hors transport militaire et commercial, analysera notamment les vidéos réalisées et les commandes de vol, selon des experts interrogés par l’AFP.

L’appareil, de type Pilatus immatriculé en Allemagne, s’est écrasé sur une zone herbeuse à proximité de l’aérodrome de Nancy-Essey. « L’enregistreur qui sert aux analyses d’accidents », communément appelé boîte noire, « n’est pas obligatoire sur ce type d’avion », explique à l’AFP Jean-Paul Troadec, ancien directeur du Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA).

« Toutefois, il est possible que des gens installent des enregistreurs de leur propre initiative. (…) Par exemple, pour savoir comment le pilote a géré son vol », ajoute-t-il.

La trajectoire et la conformité de l’appareil étudiées

S’il n’y a pas d’enregistreur, les enquêteurs du BEA seront amenés à prendre en compte d’autres éléments. « Il va falloir regarder la trajectoire: le transpondeur de l’avion émet des signaux, c’est capté par un radar à proximité qui donne une première trajectoire », explique Gérard Legauffre, expert en aéronautique. « Mais la trajectoire ne donne pas tout », nuance-t-il.

L’avion qui s’est écrasé dimanche « a l’air de partir en virage par la gauche et puis il percute (le sol, NDLR) pratiquement dans la foulée. Donc il va falloir regarder si toutes les commandes de vol répondent de façon optimale », dit-il.

Pour déterminer les causes de l’accident, il faudra déterminer « si l’avion était en conformité technique » et s’il pouvait « réaliser le vol avec la cargaison qu’il avait », évoque Gérard Legauffre.

De potentielles vidéos de sinistrés recherchées

Autres éléments importants, les vidéos réalisées à l’intérieur et à l’extérieur de l’avion. « Les gens qui sont à bord des avions, souvent, se filment. Ils filment le pilote, ils filment le paysage. Et tout cela donne des informations très intéressantes pour le BAE », souligne Jean-Paul Troadec.

« On peut supposer, comme c’était un vol de découverte, qu’un certain nombre des gens à bord, qui sont malheureusement décédés, ont pris des vidéos avec leur téléphone », ajoute l’expert. « Comme le vol se déroulait devant un public, on peut supposer aussi que beaucoup de gens ont pris des images du vol et ont filmé le moment de l’accident. »

Parmi les causes potentielles de l’accident, selon les experts, un déséquilibre de l’avion dans le cas où les passagers se seraient déplacés vers l’arrière de l’appareil. Ou « le pilote pris d’un malaise. C’est une hypothèse qu’on va certainement examiner parce qu’il faisait très chaud », évoque Jean-Paul Troadec.

Article original publié sur BFMTV.com

Share.
Exit mobile version