mercredi, juillet 15

  • La France souhaite donner un important coup de pouce au développement de l’éolien offshore, avec la construction de onze nouveaux parcs au large des côtes.
  • Les détracteurs des sources d’énergie renouvelables pointent leur dépendance aux conditions météo, qui les rendent intermittentes.
  • Si aucune éolienne ne produit de l’électricité en continu, celles installées en mer tournent davantage à plein régime que leurs homologues à terre.

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En ce début de semaine, la Commission européenne a validé (nouvelle fenêtre) un dispositif de soutien de l’État français à la filière éolienne. Au total, ce sont onze nouveaux parcs offshore qui devraient voir le jour dans les années à venir, répartis entre la mer du Nord, l’Atlantique et la Méditerranée. Il s’agit ici d’investissements publics importants dans les énergies renouvelables, qui pourraient – en fonction de la conjoncture – se chiffrer en dizaines de milliards d’euros à l’échelle de vingt-cinq ans. De quoi faire grincer quelques dents chez les détracteurs de l’éolien.

Le député du RN Guillaume Bigot déplore (nouvelle fenêtre) que le gouvernement souhaite « bétonner nos littoraux » au détriment d’un soutien plus franc au nucléaire. Il déplore le choix de se tourner vers une source d’énergie « intermittente » et qui « nécessite d’autres moyens de production lorsque le vent tombe ».

Un rendement meilleur en mer que sur terre

Si le parlementaire assure à raison qu’une éolienne dépendra toujours du vent pour fonctionner, peut-on comparer les éoliennes en mer et celles installées sur terre ? La fameuse « intermittence » que dénonce l’élu du Territoire de Belfort est-elle similaire ? Pour le savoir, TF1info s’est rapproché de Sandrine Aubrun, enseignante-chercheuse à l’école centrale de Nantes.

Cette spécialiste de l’éolien souligne d’emblée que les installations offshore, qu’elles soient flottantes ou bâties sur des fondations solides, présentent des caractéristiques bien particulières. Elle note par exemple que leur « facteur de charge » n’est pas le même. Cet indicateur nous renseigne sur la production réelle d’une éolienne à l’échelle d’une année, par rapport à ce qu’elle pourrait théoriquement produire en tournant à pleine puissance, sans jamais s’arrêter. En clair, plus le facteur de charge est élevé (proche de 100%), plus une installation sera efficace.

Variable d’une année à l’autre et d’une saison à l’autre (c’est en hiver qu’il est généralement le plus élevé), le facteur de charge oscille autour de 25% pour l’éolien terrestre. En revanche, Sandrine Aubrun explique qu’il se situe plutôt « aux alentours de 40% (nouvelle fenêtre) pour le offshore ». Les installations flottantes, encore plus efficaces, peuvent quant à elles atteindre « 45%, voire 50% ». L’explication est assez rationnelle : « En mer, il y a davantage de ressources éoliennes, avec des vents plus intenses et plus constants. » S’éloigner encore des côtes, grâce à des éoliennes sur des supports flottants, « permet d’ailleurs de gagner encore un peu ».

« En mer, il n’y a pas d’obstacles », glisse l’enseignante-chercheuse, « tandis que sur terre, la ressource en vent est beaucoup plus complexe. » La « contrepartie » à cette efficacité accrue des installations offshore ? « Vous faites face à des coûts supérieurs », fait remarquer Sandrine Aubrun, que ce soit « pour l’installation, le raccordement, ou encore la maintenance. » Pour effectuer des réparations, « il ne suffit pas d’envoyer des techniciens avec une camionnette ». Au bout du compte, précisons toutefois que « les gains de production compensent les surcoûts » par rapport à l’éolien terrestre. 

À l’avenir, pourrait-on imaginer des éoliennes en mer plus abouties sur le plan technologique ? Capables d’afficher un facteur de charge de 55, 60, voire 70% ? Ce sera difficile, estime l’experte. « La source d’énergie primaire reste le vent, et on ne le contrôle pas. Quant aux améliorations dynamiques des rotors, on est à mon sens arrivés un peu au bout… » En revanche, quelques optimisations restent possibles, avec des « ingénieurs qui travaillent sur une amélioration de la production d’électricité par les éoliennes lorsqu’elles tournent à basse vitesse ». 

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Thomas DESZPOT

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