- Alors que le Mondial de foot approche, la qualité des pelouses dans les stades qui doivent accueillir la compétition est mise en doute.
- Une vidéo largement relayée en ligne montre des joueurs sénégalais très étonnés par les faibles rebonds des ballons lorsqu’ils retombent au sol.
- Méfiance : il s’agit d’une scène tournée dans un stade américain non retenu pour la compétition et dont la pelouse ne bénéficie pas du même soin.
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L’info passée au crible des Vérificateurs
Lors de la Coupe du monde, faut-il s’attendre à des matchs qui se déroulent sur une pelouse de mauvaise qualité, peu adaptée à la pratique du football ? C’est ce que veulent montrer des images partagées (nouvelle fenêtre) sur le réseau social X ces derniers jours. La vidéo, d’une petite vingtaine de secondes, montre des joueurs du Sénégal effectuer des tests dans l’enceinte d’un stade. Ils lancent une série de ballons en l’air et observent avec un certain étonnement que ces derniers rebondissent très peu. « La Fifa va avoir un gros problème »
, assure en commentaire un internaute qui relaie la séquence.
Une équipe spécialement dédiée à la qualité des pelouses
Grâce à de rapides recherches, on découvre que les images qui sont partagées sont authentiques. La vidéo a bien été tournée ces derniers jours aux États-Unis, et rien n’indique une altération ou modification via IA. Les faibles rebonds des ballons ont été observés par les joueurs de l’équipe nationale du Sénégal, qualifiée pour la Coupe du monde, à l’occasion d’une rencontre amicale le 31 mai, disputée face aux Américains.
Le match s’est déroulé en Caroline du Nord, dans la ville de Charlotte. C’est dans l’immense Bank of America Stadium (74.000 places assises) que les deux équipes se sont affrontées, une enceinte inaugurée en 1996 où évoluent d’ordinaire les équipes locales de football américain et de « soccer ». Il est important de souligner que ce stade n’accueillera pas de match du Mondial : parmi les 11 villes hôtes américaines, on retrouve Atlanta, New York, Philadelphie ou Seattle, mais pas Charlotte. Une précision d’importance puisque les stades où vont se dérouler les matchs ont bénéficié d’une attention toute particulière.
Dans les colonnes du site The Conversation, un groupe de chercheurs spécialisés dans la recherche et la gestion des gazons a expliqué (nouvelle fenêtre) le travail entrepris depuis plusieurs mois pour garantir des pelouses d’une bonne qualité lors de la compétition. Ils rapportent avoir été missionnés par la Fifa, qui a « établi un cahier des charges précis concernant la construction des terrains ».
La fédération internationale, organisatrice de l’événement, a notamment réclamé un « gazon naturel »,
renforcé pour « supporter un grand nombre de matchs et de cérémonies ».
Les spécialistes soulignent par ailleurs que « chaque terrain doit être équipé d’un système d’irrigation automatique, d’un drainage efficace, d’un système d’aspiration intégré et d’aérations pour maintenir le gazon et le sol en bonne santé ».
Sans oublier l’installation « d’un éclairage artificiel pour favoriser la croissance du gazon ».
Dans des stades comme celui de Charlotte, qui ne sont pas à 100% dédiés au football, il est nécessaire de disposer du gazon naturel en larges rouleaux avant des matchs. Une technique pratique pour une installation et un démontage rapides, mais qui ne permet pas un enracinement en profondeur ni une résistance accrue en cas d’utilisation intensive.
Les enceintes utilisées pour la Coupe du monde, pour l’essentiel multisports, sont confrontées à des problématiques identiques, mais les chercheurs ont planché sur des moyens de maximiser la résistance et la qualité des pelouses. « Nous mélangeons des fibres plastiques au gazon naturel, créant ainsi un système de gazon hybride »,
détaillent-ils dans The Conversation
. « Au fur et à mesure que le gazon pousse, ses racines s’enroulent autour de ces fibres, ce qui contribue à maintenir la surface stable et ferme. »
À l’approche de la compétition, ces spécialistes affichent leur confiance. « Tous les tests de performance de surface […] ont répondu aux normes de la Fifa »,
certifient-ils. Qu’il s’agisse du « rebond de la balle »,
de la « résistance à la rotation »
ou de la « dureté »
du sol. De quoi garantir – en théorie – des conditions de jeu optimales pour des rencontres de haut niveau.
Faire mieux qu’au Mondial des clubs
Des pelouses en mauvais état lors de la Coupe du monde, abîmées ou posant des problèmes de rebond, viendraient ternir l’image de la compétition et des pays hôtes. Il faut donc s’attendre à ce que les organisateurs fassent preuve de vigilance en la matière, d’autant que par le passé, les Américains ont déjà été épinglés à cause de la qualité du gazon dans leurs stades.
On se souvient qu’en 2025, à l’occasion de la Coupe du monde des clubs, une série de critiques avaient été formulées par des joueurs. Jude Bellingham, la star anglaise du Real Madrid, avait par exemple jugé « médiocre »
la qualité des terrains aux États-Unis, en raison de problèmes récurrents de rebonds et de surfaces parfois jugées trop lentes. Il en avait profité pour lancer un appel à la Fifa, souhaitant que ces désagréments servent de leçon à l’approche de la Coupe du monde 2026.
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