mercredi, juillet 22

  • Une professeure affirme que « le russe ne sera plus enseigné en France ».
  • Mais la possibilité d’apprendre cette langue reste bien présente dans plus de 300 établissements français.
  • En revanche, aucun poste ne sera ouvert au recrutement en russe dans l’enseignement secondaire en 2026, mais c’est aussi le cas pour d’autres langues.

Ajoutez TF1info à vos sources sur Google

Le russe est-il en train de disparaître de l’enseignement en France ? C’est ce qu’affirme face caméra une jeune femme dont la vidéo relayée sur X (nouvelle fenêtre)comme sur TikTok (nouvelle fenêtre) atteint les 300.000 vues. « C’est terminé, le russe ne sera plus enseigné en France (…) Ça me rend malade que la politique amène à ce genre de décision », insiste la professeure, indiquant que la seule façon d’apprendre cette langue passe maintenant par les cours en ligne. 

Dans les commentaires, certains estiment que cette décision est liée aux relations diplomatiques tendues entre la France et la Russie, et parlent même de « racisme antirusse flagrant ». D’autres indiquent (nouvelle fenêtre) que ce serait la première fois depuis 50 ans qu’aucun poste n’aurait été ouvert dans le secondaire pour la langue russe.

Celle-ci est-elle totalement mise de côté ? Nous avons vérifié.

Publication X affirmant que le « russe n’est plus enseigné en France ». – Publication X

Plus de 300 établissements enseignent le russe en France

Une rapide recherche sur le site du ministère de l’Éducation montre d’abord que le russe est bien toujours présent dans l’enseignement en France. Par exemple, un programme de russe pour le bac 2026-2027 a bien été maintenu, preuve que ce dernier était toujours enseigné cette année.

Contactée, l’Association française des Russisants (AFR) juge trompeur d’affirmer que la langue n’est plus enseignée en France. À la rentrée 2025, elle « est proposée dans 317 établissements par 165 enseignants, accompagnés de 48 assistants, originaires de la Russie, du Biélorussie, du Kazakhstan et d’Ouzbékistan », nous confirme sa présidente Sylvette Soulié. Pour la rentrée 2026 par exemple, le collège Jacques Prévert dans le 6ᵉ arrondissement de Paris (nouvelle fenêtre) proposera bien l’enseignement du russe à ses élèves, tout comme le lycée Jules Ferry (nouvelle fenêtre) dans le 9ᵉ arrondissement parisien. 

 Les chiffres du ministère de l’Éducation montrent que le nombre d’élèves apprenant le russe est cependant en déclin depuis six ans pour les élèves du second degré public et privé sous contrat, hors enseignement par correspondance : ils étaient 10.686 en 2020, et 7.503 en 2025. Des chiffres similaires à ceux de l’AFR, qui nous indique que 8.846 élèves du secondaire ou suivant un télé-enseignement ont appris le russe en 2025 en France.

Aucun poste ouvert en 2026, mais pas seulement en russe

La professeure russe voulant alerter sur l’état de l’enseignement du russe s’appuie cependant sur une réalité. Pour l’année 2026, et ce pour la première fois depuis 50 ans, aucun poste d’enseignement en russe n’a été ouvert par l’Éducation nationale, ni pour le Capes, ni pour l’agrégation. 

Dans une lettre au président de la République en décembre dernier (nouvelle fenêtre), l’AFR s’était inquiétée de cette situation, indiquant : « Plus que jamais, notre pays a et aura besoin de connaisseurs français de la langue et de la civilisation russes. » Sa présidente nous affirme avoir reçu une réponse à cette lettre de la part du président de la République relayant le message au ministère de l’Éducation, mais à ce stade « aucune explication ou raison » quant à l’absence de poste ouvert en 2026 ne lui a été donnée.

Contacté par l’équipe des Vérificateurs, le ministère de l’Éducation explique que « sur les trois dernières sessions de concours de langue russe, le nombre d’inscrits est en constante baisse, ce qui semble témoigner d’un récent déclin de l’attractivité de cette discipline ». Selon leurs chiffres, les concours pour la langue russe comptaient 71 inscrits en 2023, 64 en 2024 et 52 en 2025. 

« Par ailleurs, pour l’organisation de la session 2025, les demandes académiques en stagiaires ne se sont néanmoins élevées qu’à un poste pour l’académie de Créteil, en deçà donc des admis aux concours », précise le ministère. Enfin, il précise que la session 2026 s’inscrit dans le cadre d’une réforme de la formation initiale, conduisant le ministère à « réexaminer les ouvertures des sessions de concours, particulièrement ceux à plus faible flux ».

Si aucune position n’a donc été créée cette année, ce n’est pas le cas des années précédentes. De 2019 à 2025, « 51 postes ont été ouverts aux concours d’enseignement tels que l’agrégation ou le CAPES, en externe ou en interne », confirme l’AFR. Preuve que malgré le conflit entre l’Ukraine et la Russie, démarré en 2022, des postes ont continué à être ouverts pour la langue russe. Sylvette Soulié indique à ce sujet : « Nous ne faisons pas l’amalgame entre la langue et la situation engendrée par la guerre en Ukraine. D’autres langues ont été touchées par ce genre de décisions. Il s’agit essentiellement de soucis budgétaires. » 

En effet, à titre de comparaison, selon les données du ministère de l’Éducation, certaines langues étrangères comme le japonais, le polonais ou l’hébreu n’ont eu qu’un poste ouvert sur ces deux dernières années pour le recrutement de professeurs agrégés de l’enseignement du second degré dans le privé comme le public. Preuve que le russe est loin d’être la seule langue impactée.

Vous souhaitez nous poser des questions ou nous soumettre une information qui ne vous paraît pas fiable ? N’hésitez pas à nous écrire à l’adresse lesverificateurs@tf1.fr. Retrouvez-nous également sur X : notre équipe y est présente derrière le compte @verif_TF1LCI (nouvelle fenêtre).

Share.
Exit mobile version