- Le lancement par la SNCF d’une nouvelle classe « optimum » excluant de certains wagons les enfants de moins de 12 ans fait jaser.
- PDG de l’entreprise ferroviaire, Jean Castex a affiché sa totale incompréhension face à la polémique, assurant qu’une offre similaire a été instaurée dès 2017.
- L’ancien Premier ministre dit vrai : les espaces « business première » n’étaient pas accessibles à la réservation pour des enfants de moins de douze ans.
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L’info passée au crible des Vérificateurs
C’est un Jean Castex « sidéré »
qui s’est présenté cette semaine face aux journalistes. Le PDG de la SNCF a pris la parole pour réagir à la polémique autour de la nouvelle classe « optimum », qui interdit les enfants de moins de 12 ans dans certains espaces de plusieurs lignes TGV. L’ex-Premier ministre a expliqué que ces wagons étaient avant tout destinés à une clientèle d’affaires, avant de souligner (nouvelle fenêtre) qu’une offre similaire « existait déjà depuis plusieurs années
[…] avec les mêmes règles qu’aujourd’hui »
. Depuis 2017, a-t-il précisé, faisant remarquer que jusqu’à présent, ces règles n’avaient « jamais soulevé le moindre problème »
ou « la moindre polémique »
.
La classe « optimum » n’a rien inventé
Pour comprendre à quoi fait référence Jean Castex, il faut avoir à l’esprit que la classe « optimum » à l’origine de la polémique n’est pas une création ex nihilo
de la SNCF. Il s’agit d’une nouvelle offre, conçue par l’entreprise ferroviaire pour remplacer la classe « business première » qui était proposée jusque-là. Son principe était très similaire : proposer une gamme de services premium aux voyageurs d’affaires, désireux de pouvoir travailler ou se reposer dans le train dans de bonnes conditions. Accueil personnalisé à bord, service de livraison de repas à la place, confort renforcé…
Lancés en 2017, ces espaces spécifiques ont été étendus à un nombre croissant de lignes TGV entre 2018 et 2019. Sollicitée par TF1info, SNCF Voyageurs assure qu’à l’époque déjà, cette classe « ne proposait pas de la réservation de billets pour des passagers de moins de 12 ans »
. La différence avec « optimum » ? L’absence d’une mention spécifique aux enfants « dans les conditions générales de vente »
, précisant que ces espaces ne leur étaient pas accessibles.
Lorsque les médias s’intéressaient ces dernières années à la classe « business première », les articles et reportages ne mentionnaient pas le fait que les moins de 12 ans n’y étaient pas conviés. Cela s’explique assez naturellement : ces wagons ont été pensés, aménagés et mis en avant comme des lieux de travail. Comme l’a souligné Jean Castex, une telle offre « fonctionne en semaine »
, n’est « pas ouverte le week-end »
ni « pendant les vacances »
. Si l’on ajoute à cela les prix de ces billets – qui sont généralement les plus chers proposés dans les TGV – il apparaît clairement qu’une clientèle familiale n’était pas la cible.
Des voyageurs d’affaires, habitués des classes « optimum » et anciennement « business première » ont témoigné en ce début d’année de leur surprise. Beaucoup peinent en effet à comprendre la polémique récente qui vise la SNCF. C’est le cas de Fabienne, interrogée (nouvelle fenêtre) par Le Parisien
. Les moins de 12 ans, de toute façon « il n’y en a jamais ici »
, tranche-t-elle, avant de glisser que « les plus nuisibles à bord ne sont pas ceux qu’on pense ».
Devant la presse, Jean Castex a estimé qu’il était « fou, c’est complètement fou »
, de mettre en avant l’offre « optimum » pour assurer que la SNCF « contribue à la dénatalité ». « J’appelle tout le monde à la sagesse, à la raison »
, a-t-il lancé. Son message s’adresse au grand public, mais également aux responsables politiques récemment montés au créneau. Qu’il s’agisse de la haut-commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry, qui a demandé à le rencontrer, ou de la députée (Liot) du Loiret Constance de Pélichy, à l’origine d’une proposition de loi contre la tendance « no kids ».
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