lundi, mars 23

  • Une publication affirme que des enfants « d’oligarques ukrainiens » figureraient parmi les victimes de l’incendie à Crans-Montana.
  • Les autorités suisses resteraient « vagues » sur le bilan humain du drame pour cette raison.
  • En réalité, le processus d’identification est long à cause des blessures et aucune victime ukrainienne n’a été identifiée.

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L’info passée au crible des Vérificateurs

L’incendie survenu la nuit du Nouvel An dans un bar de la station de ski de Crans-Montana en Suisse a fait 40 morts selon le bilan le plus récent (nouvelle fenêtre) des autorités helvètes. Les victimes étaient âgées de 14 à 39 ans. Les 119 blessés sont pour la plupart grands brûlés (nouvelle fenêtre). Selon une publication vue plus de 1,1 million de fois sur X (nouvelle fenêtre), les autorités suisses resteraient « vagues sur le nombre de victimes », parce qu’il y aurait parmi elles « un petit groupe de filles et de fils d’oligarques ukrainiens ». Les Vérificateurs se sont penchés sur ces affirmations. 

Nous ne retrouvons aucune mention de victimes de nationalité ukrainienne dans les communiqués de presse officiels (nouvelle fenêtre), ni dans les médias suisses (nouvelle fenêtre), ukrainiens (nouvelle fenêtre) ou internationaux (nouvelle fenêtre). Parmi les 40 personnes décédées, la police a dénombré 21 Suisses, neuf Français (nouvelle fenêtre) dont une Franco-Israélo-Britannique, six Italiens dont un Italo-Émirati, une Belge, une Portugaise, un Roumain et un Turc. Aucun individu de nationalité ukrainienne n’a par ailleurs été identifié parmi les 119 blessés à ce jour. 

Le compte à l’origine de cette publication sur X, Lia Sagan, relaie régulièrement des fausses informations. Il renvoie sur sa page de profil vers un lien lié à Zoé Sagan, un personnage fictif (nouvelle fenêtre) créé par le publicitaire Aurélien Poirson-Atlan, visage emblématique du milieu conspirationniste français (nouvelle fenêtre). Ce dernier est notamment connu pour avoir été l’un des « instigateurs » de la fausse information (nouvelle fenêtre) selon laquelle Brigitte Macron (nouvelle fenêtre) serait une femme transgenre (nouvelle fenêtre). Il a été condamné à huit mois d’emprisonnement avec sursis le 5 janvier (nouvelle fenêtre) par le tribunal correctionnel de Paris. 

Un défi médico-légal

Au 1ᵉʳ janvier, date de publication de ce message sur X, toutes les victimes n’avaient pas encore été identifiées. Et si leur identification a demandé plusieurs jours, c’est en raison de la difficulté du processus. « Un malade brûlé du visage, vous ne le reconnaissez pas. Ça se met à gonfler en quelques heures. Impossible de le reconnaître, sauf s’il a ses papiers sur lui. Je ne parle même pas des personnes restées coincées », nous explique le Dr Damien Barraud, anesthésiste-réanimateur à l’hôpital de Metz-Thionville. En effet, les victimes ayant été piégées par les flammes, leur corps et leur peau ont aussi été très abîmés, effaçant les signes distinctifs qui permettraient de les identifier plus rapidement.

Dans ce type de situation, les experts essayent « autant que possible d’établir l’identification des corps avec plusieurs types de données, dentaires et génétiques », comme le rapporte le quotidien suisse Le Temps (nouvelle fenêtre). Si les autorités suisses ont mis du temps à publier le bilan définitif, ce n’est donc pas « parce qu’il y avait un petit groupe de filles et de fils d’oligarques ukrainiens », mais en raison du défi médico-légal que constituait le processus d’identification des victimes de ce drame. 

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Astrig AGOPIAN

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