- Des cas d’infection par un hantavirus ont été déclarés à bord d’un navire.
- Le virus y a été transmis d’homme à homme pour la première fois, affirme un internaute.
- En réalité, d’autres cas sont documentés.
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L’info passée au crible des Vérificateurs
La croisière sur l’Atlantique a viré au cauchemar. Et pour certains, elle représenterait désormais une menace pour le monde. Trois personnes sont mortes après que des cas d’infection par un hantavirus ont été déclarés à bord du MV Hondius. Depuis, les passagers de ce bateau du croisiériste néérlandais Oceanwide Expeditions, qui effectuait une traversée entre l’Argentine et le Cap-Vert, vivent coupés de la société. Mais déjà sur les réseaux sociaux, des voix s’inquiètent de voir l’épidémie se propager au reste de la planète.
D’autant que selon une publication (nouvelle fenêtre), jamais l’humanité n’a fait face à ce fléau. « L’hantavirus ne se transmet pas naturellement »
, alerte un internaute ce mardi 5 mai. Selon lui, le virus serait habituellement « incapable de se transmettre d’une personne à une autre ».
Une première transmission interhumaine de l’histoire, qui ferait peser le risque d’une « peste noire 2.0 »
, conclut le message alarmant vu plus de 2,5 millions de fois.
La souche du virus des Andes
Comme nous l’expliquons dans cet article (nouvelle fenêtre), les hantavirus constituent un groupe d’agents pathogènes transmis par les rongeurs. La transmission entre ces petits mamifères et l’humain se produit généralement « par contact »
direct avec des animaux contaminés ou « avec leur urine, leurs excréments ou leur salive »
, explique notamment l’Organisation mondiale de la Santé. C’est ce qu’on appelle une « maladie zoonotique »
. L’infection peut alors entraîner toute une série de maladies, y compris des formes graves pouvant aller jusqu’au décès (nouvelle fenêtre).
Ce nom regroupe plusieurs espèces virales – plus d’une trentaine sont connues – distinctes les unes des autres. « Il existe de nombreux hantavirus différents à travers le monde »
, résume Marion Koopmans (nouvelle fenêtre), virologue néerlandaise membre du groupe scientifique consultatif de l’OMS, « il est donc important de savoir exactement de quel virus il s’agit ».
En l’occurrence, après avoir suspecté le virus des Andes à partir du diagnostic des patients, cette théorie a été confirmée par le séquençage du virus présent sur l’un des passagers évacué en Afrique du Sud. Au cours d’une conférence de presse à ce sujet (nouvelle fenêtre), le ministre sud-africain de la Santé a annoncé que les premiers tests effectués par l’Institut national sud-africain des maladies transmissibles ont révélé que la souche était bien celle des Andes. Or, c’est le seul virus pour lequel la « transmission interhumaine a été documentée »
, comme le souligne l’OMS (nouvelle fenêtre).
Des premiers cas étudiés il y a 30 ans
Les premiers cas remontent à 1996. Avant cette date, les chercheurs considéraient la transmission de ces virus « comme strictement zoonotique, aboutissant à des infections humaines sans issue »
, explique une étude publiée à l’époque par une équipe de chercheurs argentins. Dans ces travaux, ils ont démontré il y a trente ans la « première transmission interhumaine connue »
de cette maladie, survenue à El Bolsón, en Argentine. Un phénomène de nouveau observé en 2014 (nouvelle fenêtre) dans un foyer de trois cas, toujours en Argentine, et de novembre 2018 à février 2019, lorsqu’une transmission interhumaine a été étudiée (nouvelle fenêtre) dans la province de Chubut, entraînant 34 cas confirmés et 11 décès.
C’est donc loin d’être la première fois qu’un hantavirus passe d’un humain à un autre et plusieurs foyers ont déjà circulé en Argentine. Une observation cohérente avec le port de départ du bateau de croisière. Reste que, lorsqu’elle se produit, la transmission entre personnes est rare. Elle est associée à des « contacts étroits et prolongés, en particulier entre les membres d’un même foyer ou les partenaires intimes »
, rappelle l’OMS.
Dans une note à ce sujet, l’institut national des maladies transmissibles sud-africain confirme que « les données issues des épidémies de virus des Andes »
, notamment en Argentine et au Chili, indiquent que la transmission peut se produire « par contact étroit et prolongé avec une personne infectée »
. Une contamination facilitée par la proximité des passagers isolés (nouvelle fenêtre) dans l’Atlantique.
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