- Chef d’entreprise et chroniqueur à la radio, Emmanuel de Villiers a évoqué l’hypothèse d’une prise de contrôle des États-Unis sur le Groenland.
- Il ne voit pas de raison de s’offusquer d’une telle perspective, d’autant que les habitants de ce territoire seraient selon lui « plutôt ok » à l’idée de se rapprocher de Washington.
- Une déclaration trompeuse : un sondage a mis en avant un très net rejet du plan américain par la population groenlandaise.
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L’info passée au crible des Vérificateurs
Donald Trump n’en démord pas : il souhaite s’emparer du Groenland, un territoire qu’il juge stratégique et qui dispose par ailleurs de précieuses ressources (nouvelle fenêtre). Le président américain multiplie les déclarations en ce sens, faisant bondir les dirigeants groenlandais. « Le Groenland est notre pays. Nos décisions se prennent ici »
, a notamment lancé sur Facebook Jens-Frederik Nielsen (nouvelle fenêtre), le Premier ministre de l’île.
En France, on observe avec attention l’attitude des États-Unis, a fortiori après l’opération conduite au Venezuela, conclue par l’arrestation de Nicolas Maduro. Le chef d’entreprise Emmanuel de Villiers, frère de Philippe de Villiers et par ailleurs chroniqueur à la radio, ne verrait pas d’un mauvais œil une forme d’annexion du Groenland par Washington. « Le Groenland est situé sur le continent américain »
, glisse-t-il (nouvelle fenêtre) sur le réseau social X. « Si les Groenlandais sont plutôt ok, que reste-t-il aux ‘Européens’ pour s’en offusquer ? »
, ajoute-t-il, ironisant sur les « quelques pingouins récalcitrants »
qui pourraient s’opposer à un tel projet.
La population rejette l’idée d’un rattachement aux États-Unis
Laisser entendre que les quelque 56.000 habitants du Groenland sont favorables à un rapprochement avec les États-Unis peut surprendre, en particulier à la lumière des déclarations des responsables politiques locaux. Offusqués par les propos de Donald Trump, ils ont réaffirmé (nouvelle fenêtre) à plusieurs reprises ces derniers mois que leur île n’était pas à vendre, et qu’ils rejetaient les projets du président républicain.
Si ces élus représentent la population, il faut aussi noter qu’un sondage a permis de préciser la position des habitants. Réalisée du 22 au 26 janvier 2025, cette enquête d’opinion a sollicité l’avis de 497 citoyens groenlandais âgés de 18 ans et plus. Un échantillon représentatif qui a été invité à répondre à la question suivante : « Voulez-vous que le Groenland quitte le Danemark et fasse partie des États-Unis ? »
. Les réponses, compilées (nouvelle fenêtre) par la société de recherche et de conseil Verian Group, se sont révélées sans appel. En effet, 85% des sondés ont répondu « non », contre seulement 6% de personnes favorables. Les 9% restants, quant à eux, se sont montrés indécis et n’ont pas répondu de manière tranchée à la question.
La marge d’erreur serait d’environ trois points, notent les sondeurs, ce qui ne changerait pas radicalement les résultats. On note par ailleurs que dans cette même étude, 56% des personnes interrogées se disaient favorables à une indépendance du Groenland, souhaitant ainsi s’émanciper de la tutelle danoise.
Les tensions diplomatiques actuelles avec les États-Unis mettent ainsi en lumière les relations parfois houleuses entretenues par les Groenlandais avec les autorités danoises. « Derrière un consensus affiché, il existe des divergences et des tensions entre le Danemark, les Îles Féroé et le Groenland. Ces difficultés, qui trouvent leur source dans les relations sensibles entre ancienne puissance coloniale et ex-colonies »
, fait remarquer (nouvelle fenêtre) l’Observatoire de l’Arctique, un organisme qui dépend du ministère des Armées. Ces antagonismes « se trouvent exacerbés par l’intérêt international croissant pour l’Arctique »
, un constat « particulièrement vrai pour le Groenland, qui compte bien sur la richesse de son sol et de son sous-sol pour parvenir à l’indépendance ».
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