- Les dix jours de la mission Artemis II autour de la Lune ont généré de nombreuses fausses informations.
- Des théories complotistes ont émergé pour prouver qu’il s’agissait d’une mise en scène.
- De nombreuses fausses images de la mission ont aussi été attribuées, à tort, à la NASA.
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L’info passée au crible des Vérificateurs
Le volume de fausses informations a décollé en même temps que la fusée qui emportait les astronautes en direction de la Lune, le 1ᵉʳ avril dernier. Les partisans de la vieille théorie du complot selon laquelle l’homme n’a jamais marché sur la Lune, toujours vivace plus de cinq décennies après, ont scruté toutes les images de la mission Artemis II, à la recherche du détail qui prouverait que tout n’est que mise en scène. Ainsi, dès le lancement de la fusée, des internautes ont affirmé que les astronautes se seraient échappés in extremis, via des nacelles (nouvelle fenêtre).
Certains affirment même voir les corps des astronautes évacués en secret, dans les plans montrant le retrait des nacelles d’évacuation. Dans quel but les astronautes auraient-ils quitté l’astronef ? Pour rester sur Terre et tourner toutes leurs séquences dans un studio de cinéma, comme le prétendait déjà la théorie du complot la plus tenace sur l’alunissage de 1969. De nombreuses images des astronautes devant un fond vert, (nouvelle fenêtre) accroché par un câble, ont ainsi circulé.
Tout ce récit alternatif ne tient pourtant pas debout : le dispositif de sécurité permettant l’évacuation en cas d’urgence n’a rien d’anormal. « Les nacelles partent au dernier moment afin de rester disponibles en cas de besoin »,
rappelle Olivier Sainguy (nouvelle fenêtre), responsable de l’actualité spatiale à la Cité de l’espace. « On ne les utilise pas en cas de décollage. Le plus gros problème, c’est le niveau sonore et les ondes de choc qui seraient probablement mortelles ou quasiment »,
explique-t-il. Ce dispositif est détaché juste avant le décollage car, dans le cas contraire, les nacelles seraient recouvertes de résidus toxiques et risqueraient de fondre sous l’effet de la chaleur des moteurs, comme l’expliquent certains comptes spécialisés sur l’espace (nouvelle fenêtre).
Quant aux images montrant les astronautes devant un fond vert, elles n’ont rien de réel. Toutes comportent un filigrane numérique prouvant qu’elles ont été fabriquées avec les outils de génération d’images par intelligence artificielle de Google.
Durant ces dix jours dans l’espace, de très nombreux internautes ont ainsi cherché tous les détails venant des retransmissions en direct de la NASA pour prouver une mise en scène. Bug numérique visible lors d’une retransmission, cinquième personne présente à bord pour filmer… nous vous parlions de plusieurs de ces exemples dans cet article.
De fausses photos attribuées à la NASA
Autre phénomène observé durant ces dix jours de mission spatiale : la multiplication de photos et vidéos attribuées à tort à l’agence spatiale américaine. La rédaction des Vérificateurs en a recensé plusieurs dizaines allant de la fausse image générée par IA, jusqu’à des archives de la mission Artemis I, notamment relayées par le patron de l’entreprise spatiale SpaceX, Elon Musk. Certains comptes sont allés jusqu’à prétendre que la NASA recyclait de vieux clichés de la mission Apollo 8, où la Terre apparaît avec la même couverture nuageuse et la même position. « Coïncidence ? »
demande notamment un internaute dans une publication vue plus de 2 millions de fois.

Il ne s’agit en réalité pas d’une photo officielle d’Artemis II, mais d’un photomontage où la Terre a juste été copiée et grossie.
Certains astrophysiciens, comme Eric Lagadec (nouvelle fenêtre), ont alerté sur une série de faux visuels qui circulent. La rédaction des Vérificateurs en a repéré de son côté une vingtaine, dont certains atteignent des millions de vues sur les réseaux sociaux. Ces fausses images ont deux objectifs : capitaliser sur l’émerveillement autour de la mission pour générer des clics, et créer une confusion générale autour de l’authenticité des images de la NASA. En cas de doute, tous les contenus officiels de l’agence spatiale américaine sont disponibles à cette adresse (nouvelle fenêtre).
D’autres images n’ont pas été produites par la mission Artemis II mais ont pour autant fasciné, à l’occasion de l’événement. Ainsi, des images magnifiques de la Lune en couleur (nouvelle fenêtre) ont été très commentées, beaucoup se demandant si elles étaient fausses. Elles proviennent en fait du compte d’Ildar Ibatullin (nouvelle fenêtre), un astronome et astrophotographe amateur dont certains des travaux ont été relayés par la NASA (nouvelle fenêtre). Cet amateur très sérieux a pris des milliers de photos depuis la Terre avec un télescope réflecteur.
Contacté, Ildar Ibatullin nous détaille : « J’utilise une technique appelée ‘amélioration de la saturation’ sur une quantité massive de données, c’est-à-dire 50 Go d’images brutes. En superposant des milliers d’images pour réduire le bruit, je parviens à extraire et à amplifier les données de couleur existantes »
. Ainsi, si le photographe modifie bien la photo grâce à une forte saturation, ses images révèlent différentes zones de couleur qu’il croise avec les données librement disponibles de la NASA. « Les zones blanches sur la Lune témoignent de leur jeune âge, car le sol n’a pas encore eu le temps d’être érodé par le vent solaire »,
ajoute l’astrophotographe.
Ces tentatives rejoignent des travaux publiés notamment par la NASA (nouvelle fenêtre) mettant en évidence des nuances de couleur qui seraient invisibles à l’œil nu, dans l’objectif de mettre en valeur, et non de tromper. Une façon de s’émerveiller et d’en apprendre davantage sur le satellite naturel de la Terre.
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