- Dans son projet de budget pour 2026, Sébastien Lecornu souhaite interdire la vente en ligne de cigarettes électroniques.
- Le gouvernement compte aussi instaurer une taxe sur les liquides de vapotage, ce qui met les professionnels du secteur sous pression.
- Une pétition de la fédération de la filière française dépasse déjà les 120.000 signatures.
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Lecornu II : le nouveau gouvernement à l’épreuve du budget
« Ne tuez pas la vape ! »
Le secteur des cigarettes électroniques dénonce les mesures budgétaires prévues par le gouvernement, qui souhaite taxer le liquide du vapotage et surtout interdire la vente en ligne. Des annonces qui suscitent la colère des sites de vente, ainsi que des consommateurs, alors qu’une pétition lancée par la fédération de la filière française (Fivape) (nouvelle fenêtre) dépasse déjà les 120.000 signatures, ce mercredi 22 octobre.
Si la taxe de 30 à 50 centimes par flacon de 10 millilitres (mL), vendu généralement entre 5 et 7 euros, hérisse les professionnels, cela reste moindre que les mesures qui l’accompagnent. Le projet de budget du gouvernement prévoit effectivement d’interdire la vente à distance aux particuliers, à l’origine d’un bon quart des ventes dans la filière selon les professionnels.
C’est la cessation de notre activité et 600 emplois pourraient disparaître
C’est la cessation de notre activité et 600 emplois pourraient disparaître
Morgan Laisné, directeur e-commerce du site Le Petit Vapoteur, à l’AFP
« S’il décide de nous priver de 70% de nos ventes, c’est la cessation de notre activité et 600 emplois pourraient disparaître »
, redoute Morgan Laisné, directeur e-commerce du site Le Petit Vapoteur, qui a réalisé en France 95% des 154 millions d’euros de son chiffre d’affaires en 2024.
La Fivape estime auprès de l’AFP que 3.000 emplois dans la vente en ligne « disparaîtraient instantanément »
. Plus qu’une mesure de santé publique, les professionnels estiment que l’interdiction de la vente en ligne a été pensée avant tout pour simplifier la collecte de la taxe.
Dans le même temps, le gouvernement envisage également de soumettre les boutiques de vapotage à l’obtention d’un agrément similaire à celui des buralistes, interdisant par exemple la proximité avec des écoles.
Des mesures de santé publique, qui convergent avec les règles applicables au tabac
Des mesures de santé publique, qui convergent avec les règles applicables au tabac
Le cabinet de la ministre des Comptes publics à l’AFP
Bercy conteste ces affirmations et maintient que ces mesures sont guidées par un argument sanitaire. « Ce sont des mesures de santé publique, qui convergent avec les règles applicables au tabac »
, a indiqué à l’AFP le cabinet de la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin. Ce que confirme le cabinet de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist : « la mesure cherche à réduire l’exposition et l’accessibilité des produits de vapotage, surtout chez les jeunes, tout en renforçant la sécurité sanitaire et la traçabilité. »
Pourtant, ces mesures seraient « une catastrophe pour la santé publique »
pour Morgan Laisné, qui assure que le vapotage a contribué à réduire le nombre de fumeurs quotidiens de quatre millions depuis dix ans, un chiffre publié mi-octobre par Santé publique France.
Une affirmation contredite par le Comité national contre le tabagisme (CNCT). « Ces produits rendent très dépendants,
leur marketing cible particulièrement les jeunes
«
, estime Emmanuelle Béguinot, directrice de l’association antitabac, qui juge « important un meilleur contrôle via l’interdiction de tout ce qui touche à la vente en ligne. »
Quant à la taxe visant à fiscaliser des produits de vapotage, elle a été supprimée ce mercredi par la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Même si c’est bien le texte initial qui sera examiné en séance par les députés, à partir de vendredi.











