mardi, juillet 21

  • Mélanie Vogel, sénatrice écologiste des Français de l’étranger, était l’invitée de la matinale de TF1 ce mardi.
  • Elle est revenue sur l’adoption, par l’Assemblée nationale, de la loi d’urgence agricole.
  • Elle a qualifié le texte, qui rend possible la réintroduction de manière dérogatoire de certains pesticides, de « régression environnementale, de déni climatique, d’obscurantisme scientifique ».

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Dans la nuit de lundi à mardi, l’Assemblée nationale a adopté la loi d’urgence agricole, et la possibilité de réintroduire de manière dérogatoire certains pesticides. Le texte, avec sa mesure controversée réintroduite par les sénateurs et conservée en commission mixte paritaire, devrait être définitivement adopté ce mardi 21 juillet après son nouvel examen au Sénat. Au grand désarroi de la sénatrice écologiste Mélanie Vogel, qui était ce matin l’invitée de Bastien Augey dans la matinale de TF1.

« L’Assemblée nationale a voté hier une loi, chacun doit le comprendre, qui est une loi de régression environnementale, de déni climatique, d’obscurantisme scientifique », a-t-elle réagi. Le texte comprend un article qui fait grincer des dents à gauche et jusque dans les rangs des soutiens du gouvernement : il prévoit de donner la possibilité donnée à l’Anses de réintroduire à titre dérogatoire et sous condition deux pesticides interdits en France mais autorisés dans l’Union européenne, l’acétamipride et le flupyradifurone, pourraient ainsi être utilisés pour une poignée de filières en difficulté.

Ce que la France devrait faire, c’est être au front pour amener l’Union Européenne vers la sortie des pesticides

Mélanie Vogel

« Aujourd’hui, toutes les études scientifiques que nous avons nous disent qu’il ne faut pas réautoriser ces pesticides », a déclaré Mélanie Vogel. L’acétamipride, par exemple, « est un neurotoxique qui agit sur le système nerveux des fœtus et des enfants. C’est un reprotoxique et c’est un pesticide qui ne se dégrade pas et pollue de manière persistante les écosystèmes », a-t-elle expliqué. 

« La France a été en 2016 un des premiers pays du monde à interdire les néonicotinoïdes. Aujourd’hui, ce que la France devrait faire, c’est être au front pour amener l’Union européenne vers la sortie des pesticides, pour que justement il n’y ait plus de concurrence déloyale », a ajouté la sénatrice. « Au lieu de faire ça, nous régressons et nous allons le regretter puisque ces pesticides aggravent la crise de la biodiversité qui elle-même rend l’agriculture non durable. » 

Invitée à commenter la probable future démission de la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, opposée à la réintroduction de cet article sur les pesticides, Mélanie Vogel a répondu : « Quand on a, et je pense que c’est son cas, un peu de conviction écologiste, comment peut-on rester dans un gouvernement qui est un gouvernement anti-écologiste et au sein duquel on n’arrive pas à peser sur la ligne du gouvernement ? Donc ça me paraît un choix politique normal. » 

J.F.

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