L’influenceur panafricaniste Kémi Seba, arrêté la semaine passée par la police sud-africaine, a demandé l’asile politique à Pretoria, a annoncé l’un de ses avocats à l’AFP à l’issue de sa comparution pour séjour illégal en Afrique du Sud ce lundi 20 avril.
Visé par un mandat d’arrêt au Bénin, qui l’accuse d’avoir soutenu la tentative de coup d’État de décembre, Kémi Seba reste en détention jusqu’à l’examen d’une demande de libération sur caution le mercredi 29 avril.
« Pour l’instant, nous ne sommes accusés que d’immigration illégale », a déclaré son avocat Sesedi Phooko, avant d’ajouter: « Nous contestons également cette accusation, car nous avons déjà déposé une demande d’asile politique dans ce pays ».
Kémi Seba, qui comparaissait avec son fils de 18 ans de nationalité française, s’est installé en Afrique du Sud il y a cinq mois, d’après un membre de son entourage. « Il était dans une situation qui était irrégulière parce qu’il avait dépassé son visa de deux mois et il n’avait pas régularisé sa situation », a précisé cette source.
Kémi Seba arrêté en compagnie du leader du groupe identitaire Bittereinders
De son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, l’influenceur au 1,5 million d’abonnés a été arrêté en compagnie du leader du groupe identitaire afrikaners Bittereinders, François van der Merwe, qui comparaissait aussi lundi, a constaté un journaliste de l’AFP.
François van der Merwe a été payé 250.000 rands, soit environ 13.000 euros, « pour les aider à traverser le fleuve Limpopo et à se rendre au Zimbabwe », d’après un communiqué de la police. Le même proche de Kémi Seba assure que les deux hommes, dont le positionnement politique paraît aux antipodes, n’avaient eu aucun contact direct avant leur arrestation lundi dernier.
Tous deux entretiennent des liens avec Moscou. François van der Merwe s’est rendu à Moscou en septembre 2024 pour rencontrer une organisation liée à l’oligarque ultranationaliste Konstantin Malofeïev, sous sanctions occidentales.
Le putsch raté au Bénin qualifié de « jour de la libération »
À la tête de l’ONG baptisée « Urgences panafricanistes » et connu pour ses diatribes radicales contre la France et les pouvoirs africains alliés de Paris, Kémi Seba a salué le 7 décembre « le jour de la libération » du Bénin au moment d’une tentative ratée de coup d’État.
Farouche opposant du président sortant Patrice Talon, il avait été brièvement interpellé en 2019 et en 2023, lors de passages au Bénin.
Article original publié sur BFMTV.com




