Plutôt hostile au principe des primaires, Éric Zemmour s’est fait à l’idée. Invité de BFM Politique ce dimanche 5 avril, le président de Reconquête s’est prononcé en faveur d’un scrutin pour désigner une candidature unique à droite lors des élections présidentielles de 2027.
« Il y a deux primaires possibles. Celle de la droite et du centre qui va de Retailleau à Attal avec Édouard Philippe, celle des anciens ministres d’Emmanuel Macron, ça je n’y participe pas, ils ne veulent pas de moi, je ne veux pas d’eux », a présenté l’ancien éditorialiste. « Après, [il y a NDLR] la proposition intelligente de David Lisnard et de Laurent Wauquiez, c’est une primaire de droite, sans le centre », a-t-il ajouté, en précisant qu’il était prêt à y participer.
D’accord pour une participation d’Édouard Philippe
Éric Zemmour considère malgré tout qu’Édouard Philippe pourrait participer à cette primaire de la droite, parce que « c’est le fils spirituel de Juppé, ancien secrétaire général du RPR, c’est le centre-droit. » En revanche, il estime que Gabriel Attal, ayant entamé son parcours politique au Parti socialiste, n’est pas le bienvenu.
Si Édouard Philippe a rencontré Laurent Wauquiez en novembre dernier pour évoquer l’idée d’une primaire, il a finalement choisi pour l’instant de rester en retrait et de capitaliser sur ses bons sondages.
Le Rassemblement national refuse de participer à une primaire de la droite. Éric Zemmour distingue ses dirigeants de sa base. « Les électeurs pour la plupart se considèrent comme de droite mais ses dirigeants sont de gauche. »
Un premier tour de la présidentielle déterminant
Le patron de Reconquête est revenu sur son cheminement intellectuel au sujet des primaires. « Depuis 15 ans j’ai suivi les primaires passées. Une primaire n’oblige pas les vaincus à soutenir le vainqueur », a-t-il déclaré. « Juppé est rentré à Bordeaux après sa défaite face à Fillon, Fabius et Strauss-Kahn se moquaient en permanence de Ségolène Royal qui les avait battus. »
Mais Éric Zemmour estime que la « tripartisation » a rebattu les cartes. « J’ai toujours pensé que le premier tour de l’élection présidentielle était la primaire. Je reconnais que depuis quelques années, la dispersion des candidats et surtout, la division du paysage en trois blocs a changé la donne. »
« Les sondages surévaluent le Rassemblement national »
Alors qu’un récent sondage Odoxa-Mascaret paru le 31 mars donnait Édouard Philippe vainqueur face à Jordan Bardella, Éric Zemmour a contesté ce duel annoncé. « Je vois bien ce que le système médiatique essaye de nous imposer, on change le casting mais on nous rejoue le même film, d’un côté le candidat du RN, de l’autre celui de la Macronie, et on connaît le résultat. »
Le président de Reconquête estime qu’il peut aujourd’hui encore se qualifier au second tour de l’élection présidentielle et que Jordan Bardella pourrait dégringoler dans les enquêtes d’opinion.
« Je pense que depuis 15 ans, les sondages surévaluent le Rassemblement national dans toutes les élections (…) toute l’histoire de la Ve République est l’histoire de gens qui étaient donnés vainqueurs ».
Article original publié sur BFMTV.com




