samedi, avril 4

Étudiant en chirurgie pédiatrique à Niamey, capitale du Niger, le Dr Tisembé Lamsikréo rentrait à N’Djamena, au Tchad, pour la première fois depuis mi-2025, pour assister aux funérailles de son père et voir son deuxième enfant, né en son absence. Parti samedi 28 mars de la capitale nigérienne, le véhicule dans lequel il se trouvait a été intercepté mardi dans les zones sableuses entre N’guigmi, au Niger, et Daboua, au Tchad.

Selon le gouverneur de la région tchadienne du Lac, le rapt a eu lieu en territoire nigérien. Il déplore l’absence d’escorte militaire pour ce véhicule, contrairement aux mesures de sécurité mises en place. Côté nigérien, une source locale affirme pour sa part que c’est au Tchad que l’enlèvement a eu lieu.

Une dizaine de passagers, présents à l’arrière du 4×4, seraient parvenus à s’échapper, mais pas les hommes installés dans la cabine, selon plusieurs sources.

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Jusqu’à 500 millions de francs CFA exigées par les jihadistes

Les jihadistes ont filmé et diffusé l’exécution sauvage d’un des otages, puis contraint l’un d’entre eux à lancer un appel à l’aide en arabe local, pour une rançon de 50 millions de francs CFA.

Dans un autre extrait, c’est le Dr Tisembé Lamsikréo, agenouillé, qui supplie : cette fois, ses ravisseurs exigent 500 millions de francs CFA, plus de 760 000 euros. Une fortune que sa famille modeste du quartier de Walia sera bien en peine de réunir.

L’un des jihadistes s’exprime en partie en français dans la vidéo : un fait inhabituel au sein des groupes issus de Boko Haram, qui montrerait des recrutements de Nigériens et de Tchadiens, relève Remadji Hoinathy, chercheur spécialiste de la région.

Dans un communiqué, l’ambassade du Tchad à Niamey appelle les Tchadiens à la plus grande vigilance, à éviter tout déplacement isolé, à favoriser les convois sécurisés, et à informer systématiquement les autorités administratives et les forces de défense et de sécurité.

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