Journaliste pour le média hispanophone Nashville Noticias diffusé aux États-Unis, Estefany Rodríguez Flores a été arrêtée ce mercredi 4 mars par l’ICE, la police de l’immigration relancée par Donald Trump.
« Il était 7h15 du matin lorsque Estefany, qui venait d’arriver à sa salle de sport, a été menottée par des agents de l’ICE. Elle se trouvait, à ce moment-là, avec son mari, qui est citoyen américain », explique le média Nashville Noticias, dans lequel la journaliste est employée.
La veille de son arrestation, Estefany Rodríguez Flores couvrait les actions de la police de l’immigration à Nashville, capitale de l’État fédéral du Tennessee, et « avait auparavant produit des rapports peu flatteurs sur l’ICE », rapporte The Guardian.
Estefany Rodríguez Flores est arrivée légalement aux États-Unis
La journaliste, qui était menacée en Colombie pour ses activités journalistiques, est entrée légalement aux États-Unis en 2021 grâce à un visa touristique. Elle a ensuite « demandé en temps voulu l’asile politique et a également demandé le statut par l’intermédiaire de son mari citoyen américain », a assuré son avocat Joel Coxander. Sa cliente dispose aujourd’hui d’un contrat de travail valide, précise-t-il.
Pour légitimer l’arrestation d’Estefany Rodríguez Flores, la police de l’immigration affirme que la journaliste ne s’est pas présentée délibérément à des convocations envoyées par l’ICE. La première fois, le bureau était pourtant fermé à cause d’une tempête de neige tandis que la deuxième fois, l’agent de l’ICE n’est pas parvenu à trouver le rendez-vous dans le système, a encore expliqué son avocat.
« Elle a donc reprogrammé son prochain rendez-vous au 17 mars », écrit The Independent, avant de finalement être arrêtée dans la semaine.
« Un schéma honteux et alarmant pour réprimer la liberté de la presse »
Sa détention s’inscrit dans un « schéma honteux et alarmant de l’utilisation par l’administration Trump des autorités de l’immigration pour réprimer la liberté de la presse », a déclaré Katherine Jacobsen, coordinatrice des programmes du Comité pour la protection des journalistes aux États-Unis, au Canada et dans les Caraïbes.
Ces dernières semaines, la police de l’immigration a fait les gros titres. Une mère de famille de 37 ans et un homme du même âge ont tous deux été tués par des agents de l’ICE à Minneapolis en janvier dernier.
Selon une analyse conduite par Le Devoir, « du 20 janvier au 16 octobre 2025, la moyenne hebdomadaire des personnes arrêtées par l’ICE est de près de 5.590 », note le journal québécois, s’appuyant sur des données du Deportation Data Project.
Article original publié sur BFMTV.com




