lundi, septembre 14

  • Le plafond des franchises médicales va passer de 100 à 140 euros par an à partir du 1er octobre.
  • Il s’agit de cette somme qui reste à notre charge quand on achète une boîte de médicament ou qu’on consulte un médecin.
  • Une équipe de TF1 a rencontré des patients et des professionnels de santé inquiets.

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Au comptoir de la pharmacie, Moussa compte ses boîtes de médicaments. Dix au total. C’est ce dont ce patient en ALD (affection longue durée) a besoin chaque mois pour se soigner. Sur chaque boîte, un euro reste à sa charge. Ce même traitement lui coûtera bientôt 20 euros de plus par an. Mais il n’est pas étonné : « On connaît l’état de la Sécurité sociale, les abus, l’argent doit rentrer quelque part… » 

Le plafond annuel des franchises médicales va augmenter le 1er octobre prochain. Le reste à charge par soin reste inchangé, 2 euros par consultation, 1 euro par boîte de médicaments, mais dans la limite annuelle non plus de 100, mais de 140 euros. Qui paiera ces 40 euros supplémentaires ? D’abord les plus malades, comme Marie-Thérèse, qui le vit comme une injustice. « C’est pas pour le plaisir qu’on dépense, cette patiente en ALD, retraitée, dans le reportage du JT de TF1 visible en tête de cet article. Moi, je cotise depuis des années. Et pendant des années, je n’ai pas consommé. J’étais pas malade, tant mieux. Mais maintenant… »

Pour René-Pierre Clément, docteur en pharmacie à Thionville (Moselle) et vice-président national du syndicat USP, « on va cibler de manière claire les personnes qui consomment le plus ». « Ce sont souvent des personnes âgées, ceux qui en ont le plus besoin. C’est particulièrement injuste », dénonce-t-il au micro de TF1. 

Les patients atteints de maladies chroniques, notamment, devront mettre la main à la poche. « Les patients qui sont en ALD, en affection longue durée, ont déjà des restes à charge qui peuvent atteindre 500 à 1.000 euros par an. Ce sont ces patients-là qui vont être les plus impactés par cette mesure, c’est-à-dire les personnes atteintes de maladies graves, un cancer, du diabète, par exemple », confirme Nathalie Coutinet, économiste de la santé à l’université Sorbonne Paris-Nord. 

Le ministère de la Santé rappelle que 18 millions de Français demeurent exonérés de ce reste à charge, dont les mineurs, les femmes enceintes et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire. Pas de quoi rassurer les associations de patients. « Nous risquons d’avoir des personnes qui ne vont pas se faire soigner, aller voir le docteur, aller chercher le médicament, parce qu’il faut qu’il les paye aussi. Et donc, nous aurons des personnes encore plus malades qui vont continuer à engorger les urgences aux hôpitaux », craint Gérard Raymond, président de France Asso Santé.

Un reste à charge qui devrait continuer d’augmenter. À partir de 2028, il sera indexé sur l’inflation. Selon nos calculs, ce changement devrait rapporter au moins 300 millions d’euros par an à la Sécurité sociale.

La rédaction de TF1info | Reportage Marine BROSSARD, Samuel CARDON, Christophe HANESSE

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