La chirurgie des cordes vocales, ces petits muscles vibratoires longs de 13 à 25 millimètres selon les individus, est très délicate en raison de la difficulté d’y accéder, dans le larynx. Une équipe pluridisciplinaire de l’université McGill, à Montréal, composée de chercheurs en biomécanique, de chirurgiens ORL et d’ingénieurs biomédicaux, a mis au point une imprimante 3D susceptible de réparer avec une précision inégalée les cordes vocales. Il s’agit pour l’instant d’une preuve de concept, publiée dans Cell Device, pas encore testée sur des animaux (ce volet de recherche est en cours de lancement).
La prouesse réside dans la miniaturisation du bras de l’imprimante et son pilotage. Un bras souple, de 3 millimètres de diamètre et de 30 centimètres de long, permet de passer par le laryngoscope sans gêner la vue sur les cordes vocales. La buse d’extrusion est actionnée à l’aide de trois câbles ultrafins qui longent le bras de l’imprimante. Ils lui confèrent une capacité de mouvement, un peu à la façon d’une trompe d’éléphant, avec une très grande précision (1,3 millimètre). Guidée par le chirurgien à l’aide d’une manette de jeu vidéo, elle dépose l’hydrogel réparateur en un trait de 1,2 millimètre.
« La recherche est particulièrement complexe pour un organe aussi petit que les cordes vocales. Nous avons dû relever de nombreux défis, allant de la physique à la clinique », explique Swen Groen, premier signataire de l’article. « Dans cette étude, le robot permet une précision importante pour délivrer l’hydrogel, ce qui est précieux pour éviter les risques de fibrose des cordes vocales qui ont été opérées », souligne le professeur Stéphane Hans, chef du service ORL à l’hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine).
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