mercredi, février 11

  • Cédric Jubillar a été condamné à trente ans de prison pour le meurtre de sa femme.
  • Son procès en appel se profile pour la fin de l’année à Toulouse.
  • Son nouvel avocat appelle à le sortir du quartier d’isolement en prison.

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Disparition de Delphine Jubillar : son mari Cédric condamné à 30 ans de prison

Cédric Jubillar, condamné en octobre dernier pour le meurtre de son épouse Delphine, subit, en étant emprisonné en quartier d’isolement, une « forme de torture moderne », a affirmé ce mardi 10 février son nouvel avocat, la cour d’appel de Toulouse rappelant de son côté que tout placement à l’isolement « relève de la compétence du garde des Sceaux ».

Réagissant également aux propos de Pierre Debuisson, nouveau conseil du peintre-plaquiste de 38 ans, l’administration pénitentiaire a assuré « tout mettre en œuvre » pour garantir « la sécurité » du détenu, ainsi que « la dignité et le respect de sa personne ».

« Conditions pires que celles d’un terroriste »

Cédric Jubillar a été condamné à trente ans de réclusion criminelle, le 17 octobre 2025 à Albi, pour le meurtre de son épouse Delphine, dont le corps n’a jamais été retrouvé. Placé à l’isolement au centre pénitentiaire de Toulouse-Seysses, il « subit des conditions pires que celles d’un terroriste », a déclaré à l’AFP Maître Debuisson, qui le défend depuis le début de l’année.

Pour l’avocat, « il n’y a aucune raison juridique ou intellectuelle qui justifie qu’il soit à l’isolement depuis quatre ans et demi » et son placement en détention provisoire en juin 2021, six mois après la disparition de son épouse à Cagnac-les-Mines (Tarn). « Il est soumis à une lumière et à des cris permanents matin, midi et soir. Depuis quatre ans et demi, il n’a pas connu l’obscurité. Depuis quatre ans et demi, il ne dort pas », a martelé l’homme de loi.

« La décision de maintien à l’isolement d’un détenu au-delà d’un an (…) relève de la compétence du garde des Sceaux », réagissent dans un communiqué le procureur général de la cour d’appel de Toulouse, Nicolas Jacquet, et sa première présidente Chantal Ferreira.

« Unique moyen » d’assurer sa sécurité

« L’isolement ne peut être prolongé au-delà de deux ans, sauf, à titre exceptionnel, si le placement à l’isolement constitue l’unique moyen d’assurer la sécurité de la personne détenue. Par décision du garde des Sceaux en date du 11 décembre 2025, Monsieur Cédric Jubillar a été maintenu à l’isolement pour une durée de trois mois », écrivent-ils, ajoutant que ce type de décision « peut faire l’objet d’un recours devant le tribunal administratif ».

Selon l’administration pénitentiaire, « la structure de l’établissement ne permet pas d’envisager une gestion individualisée et sécurisée de M. Jubillar » autrement qu’à l’isolement. La justice administrative a reconnu en juillet dernier « l’indignité des conditions de détention » dans la prison surpeuplée de Toulouse-Seysses.

« Aujourd’hui, son état de santé physique et psychologique s’est considérablement dégradé », a rapporté son nouvel avocat. « Tant qu’il ne sort pas de l’isolement, on ne peut pas travailler, je ne peux pas le défendre, donc je n’assisterai pas au procès » en appel devant la cour d’assises de Toulouse, fin 2026-début 2027.

Interrogé sur l’état d’esprit de son client, quatre mois après sa condamnation par la cour d’assises du Tarn, Maître Debuisson a souligné que Cédric Jubillar avait « le sentiment de ne pas avoir pu s’exprimer comme il le voulait » en première instance et souhaitait être « plus combatif » lors de son procès en appel.

F.Se avec AFP

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