lundi, avril 13

Les résultats de ces élections législatives étaient attendus bien au-delà des frontières hongroises ce dimanche 12 avril. D’un côté, le Premier ministre d’extrême droite Viktor Orbán, au pouvoir depuis plus de quinze ans, soutenu jusqu’au bout par ses alliés américains, avec la venue cette semaine de JD Vance à Budapest. De l’autre, Péter Magyar, un conservateur de centre droit qui a réussi à s’imposer comme l’alternative.

Au fil de la soirée, le suspense n’est plus. Viktor Orbán a reconnu sa défaite, évoquant un résultat « douloureux ». Cette fois, les sondages ne se sont pas trompés. Donné en tête depuis plusieurs jours, Péter Magyar confirme et met fin à plus d’une décennie de domination sans partage.

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Dans la foulée, son adversaire victorieux a affirmé avoir reçu un appel du Premier ministre sortant. « Le Premier ministre Viktor Orbán vient de m’appeler pour nous féliciter de notre victoire », a écrit Péter Magyar sur Facebook, après s’être montré plus tôt « prudemment optimiste ».

Selon les données du Bureau électoral, après dépouillement de 72 % des bulletins de vote, le parti Tisza de Péter Magyar peut se prévaloir de 138 des 199 sièges de l’assemblée hongroise (contre 54 pour le Fidesz de Viktor Orban), soit une super-majorité des deux tiers lui laissant les mains libres pour des réformes constitutionnelles.

Une « leçon magistrale » des Hongrois

Emmanuel Macron s’est exprimé sur son compte X peu après l’annonce des résultats. Il affirme s’être entretenu avec Péter Magyar pour le féliciter. « La France salue une victoire de la participation démocratique, de l’attachement du peuple hongrois aux valeurs de l’Union européenne et pour la Hongrie en Europe. »

« Ce scrutin historique est une leçon magistrale adressée par le peuple hongrois à tous ceux qui ont cherché à écrire son histoire à sa place. Les Européens sont libres et entendent bien le rester », a dit Jean-Noël Barrot, le ministre des Affaires étrangères. « Le peuple hongrois a décidé de tourner la page d’un pouvoir qui s’est fourvoyé dans le démantèlement de l’État de droit et des libertés fondamentales, la désinformation et la collusion avec la Russie, au mépris de la souveraineté européenne. »

« La Hongrie a choisi l’Europe », s’est quant à elle réjouie la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. « Ce soir, le cœur de l’Europe bat un peu plus vite en Hongrie », a-t-elle écrit estimant que par ce vote, « un pays a repris son chemin européen ».

Une « victoire glorieuse ». C’est en ces termes que le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a salué la victoire de Peter Magyar. « Ruszkik haza ! (Les Russes rentrez chez vous !) » : il en a profité pour pointer du doigt les relations proches du sortant avec le régime de Moscou.

Un « grand patriote » sortant

Plus tard dans la soirée, le président du Rassemblement national Jordan Bardella s’est lui aussi exprimé, mais pour apporter son soutien au perdant de l’élection. « Les Hongrois se sont exprimés et ont donné une majorité claire à Péter Magyar. Ce résultat, accueilli respectueusement par Viktor Orbán, démontre que les accusations incessantes des institutions européennes ces dernières années contre la démocratie hongroise étaient infondées. »

Il évoque un « grand patriote, qui aura achevé durant son mandat le rattrapage économique de la Hongrie » et « promu des politiques familiales qui ont permis de protéger la natalité, et défendu les frontières de son pays et de l’Europe face aux flux migratoires. » Il dit espérer du successeur d’Orban qu’il « gouverne dans l’intérêt exclusif de son pays et de son peuple ».

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