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  • Dans son Indice des droits dans le monde 2026, publié lundi 1er juin, la Confédération syndicale internationale (CSI) alerte sur la dégradation des droits des travailleurs.
  • Cette tendance concerne aussi de « grandes démocraties », comme la France ou les États-Unis.

Les droits des travailleurs en danger ? C’est en tout cas ce qu’estime la Confédération syndicale internationale (CSI) dans la nouvelle édition de son Indice annuel des droits du monde, publié lundi 1ᵉʳ juin. Le rapport « dénonce une tendance que les plus puissants souhaiteraient garder secrète : l’affaiblissement systématique de la démocratie par des attaques portées aux travailleurs, aux organisations syndicales et à la négociation collective ». Dans le même temps, « de nouvelles technologies sont déployées comme moyens de contrôle, utilisés pour surveiller, punir et faire taire les travailleurs », pointe-t-il.

Des violences contre les travailleurs dans près d’un tiers des pays

Parmi les tendances les plus inquiétantes, des atteintes au droit à la liberté d’expression et de réunion ont été signalées dans 50% des pays analysés, un niveau record pour l’Indice et une hausse par rapport aux 45% enregistrés en 2025. Les travailleurs ont subi des violences dans près d’un pays sur trois (32% des pays), soit une augmentation préoccupante en l’espace d’un an (+6 points de pourcentage). De même, les autorités de 75 pays (soit 50% de l’échantillon total) ont arrêté ou placé en détention des travailleurs en 2026 ; c’est quatre de plus qu’en 2025. 

Selon les auteurs, les pires pays au monde pour les travailleurs – c’est-à-dire ceux dans lesquels il n’existe « aucune garantie des droits à cause de l’effondrement de l’État de droit » – sont désormais l’Afghanistan, le Burundi, la République centrafricaine, Haïti, la Libye, Myanmar, la Palestine, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan, la Syrie et le Yémen. À noter également que l’Argentine et le Panama font une entrée dans la catégorie juste en dessous, celle sans « aucune garantie des droits », où figurent déjà la Turquie, l’Arabie saoudite ou encore l’Inde. Au global, « la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord conserve son classement de pire région pour les droits des travailleurs et des travailleuses », note l’indice.

La France et les États-Unis au cœur des inquiétudes

En parallèle, et c’est presque plus inquiétant, « l’Europe et les Amériques enregistrent leur pire note moyenne depuis la première édition de l’Indice en 2014 ». Ainsi, la situation se détériore, y compris dans de « grandes démocraties ». « L’édition 2026 de l’indice CSI des droits dans le monde révèle que la crise des droits des travailleurs ne se limite plus à quelques cas marginaux ; elle est désormais au cœur même des démocraties », martèle Luc Triangle, secrétaire général de la CSI. Le représentant y voit « une attaque coordonnée contre la démocratie – un coup d’État des milliardaires, soutenu par des dirigeants politiques : les travailleurs sont dépouillés de leurs droits et réduits au silence, et les économies sont manipulées au profit d’une poignée de puissants ».

L’état du droit des travailleurs, selon l’Indice 2026 de la CSI – Confédération syndicale internationale (CSI)

La France et les États-Unis sont deux exemples frappants de ces dérives. « Jadis considérés comme stables, des pays comme les États-Unis et la France contribuent désormais à une recrudescence mondiale de la répression, exposant l’attaque systémique portée à la démocratie et aux droits au travail », alerte la Confédération. Ainsi, « les États-Unis rejoignent la liste des pays à surveiller alors que les attaques portées aux libertés des travailleurs accélèrent l’érosion de la démocratie », notamment en raison « des restrictions de la négociation collective et du recours à la force contre les travailleurs ». Quant à la France, elle connaît « son plus mauvais classement, signe d’un déclin prolongé des droits des travailleurs, notamment caractérisé par une répression des militants syndicaux et des restrictions imposées aux manifestations »

Du côté pile de la pièce, huit pays où seules des « violations sporadiques des droits » font figure de bons élèves, à savoir l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, l’Irlande, l’Islande, la Norvège, la Suède et l’Uruguay. 

Créé en 2014, l’Indice CSI des droits dans le monde évalue la situation des droits des travailleurs dans 151 pays, en comparant les contextes nationaux au droit international. Il n’inclut pas les pays pour lesquels les informations sont trop limitées ou n’ont pas pu être vérifiées conformément à notre méthodologie. 

M.G

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