mercredi, mars 25

Ne comptez pas sur lui pour se taire. Emporté par la chute de François Bayrou, qui avait échoué à obtenir la confiance de l’Assemblée nationale en septembre, Éric Lombard n’est plus ministre de l’Économie mais a un avis très tranché sur les discussions budgétaires en cours. Et il ne mâche pas ses mots.

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L’ex-patron de Bercy, qui a grenouillé à une époque dans les milieux rocardiens, estime que la méthode Lecornu « ne fonctionne pas ». Ajoutant : « Il est urgent d’en prendre acte ». « Quels étaient les engagements du gouvernement Lecornu quand il a été nommé ? Faire adopter un budget avant la fin de l’année : ce n’est pas fait », fustige Éric Lombard dans une interview à Libération mise en ligne ce dimanche 11 janvier.

L’ancien patron de la Caisse des dépôts et consignations appelle « l’exécutif à reprendre en main le gouvernement de la France », critiquant là l’attitude d’un Sébastien Lecornu qui reste en retrait et qui préfère laisser les forces politiques s’entendre entre elles. Comme de nombreux représentants du camp présidentiel, Éric Lombard regrette que le gouvernement se soit privé trop rapidement de l’arme du 49-3. Il souhaite notamment que le Premier ministre ne « reparte pas dans cette idée généreuse, mais qui ne fonctionne pas, de dire qu’il n’y aura pas de 49-3 ».

S’il reconnaît être discret depuis sa sortie du gouvernement, Lombard juge nécessaire de reprendre la parole. « Je considère qu’on se retrouve aujourd’hui dans une situation pire que celle dans laquelle on était après la chute du gouvernement de Michel Barnier qui réclame un changement rapide de méthode », dit-il comme pour tirer la sonnette d’alarme, alors que l’examen du budget 2026 est toujours en cours et que le risque d’une chute du gouvernement de Sébastien Lecornu est réel.

Trop de concessions au PS ?

Surtout, l’ex-ministre de François Bayrou voit dans le budget actuellement discuté « un pudding à l’arsenic », utilisant une référence au dessin animé Astérix et Cléopâtre, avec que du « sucré » et pas de « salé ». « Le Parti socialiste a voté l’absence d’effort et l’augmentation des dépenses, et la majorité a été obligée de laisser passer. Mais c’est une très mauvaise chose, puisque comme le gouvernement ne souhaite pas, à raison, laisser filer les dépenses publiques, qui va payer pour le rétablissement des comptes ? Le budget de l’État », regrette-t-il.

Pour Éric Lombard, le gouvernement a fait trop de concessions au PS, notamment la suspension de la réforme des retraites. Alors même, pointe-t-il, qu’elles n’ont pas permis de faire adopter un budget en temps et en heure. « Après toutes ces concessions, on n’a pas de budget ! Le gouvernement doit jouer son rôle, sans tarder, ce qu’il n’a pas fait jusqu’à présent », attaque-t-il. Avant de moquer « la volonté de stabilité », et donc de durer, du gouvernement. « Mais franchement, ce n’est pas l’objet », se persuade Lombard.

Finalement, le texte arrivera dans l’hémicycle dans les prochains jours, dans une ambiance un peu particulière. Les députés ont rejeté le budget le 10 janvier en commission, au terme de vingt-huit heures de discussions. On ne sait toujours pas sur quelle base pourraient s’entendre le gouvernement et le PS, aucun chemin de compromis n’ayant été dessiné jusque-là.

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