- La séquence a tout d’un clip promotionnel de n’importe quelle enseigne pour Noël.
- Ce sont en fait des dealers de Bagnols-sur-Cèze, déguisés en père Noël, qui vantent leur marchandise.
- Ces images n’amusent pas les habitants, a constaté TF1 sur place.
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La France en proie au narcotrafic
Musique de Noël, tapis rouge, et un chemin bordé de guirlandes qui mène à un buffet bien garni… et surtout à des trafiquants de drogue déguisés, qui se mettent en scène. Ils n’offrent aucun cadeau, mais proposent à la vente stupéfiants et cigarettes de contrebande, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessus.
À Bagnols-sur-Cèze (Gard), où elles ont été tournées, ces images n’amusent pas les habitants. Très peu d’entre eux ont souhaité les commenter devant notre équipe, par peur des représailles. « Un père Noël qui deale, c’est choquant »
, réagit l’une d’entre eux au micro de TF1. « Je n’avais pas vu cette vidéo, et franchement j’ai été un peu choquée quand même, c’est pas normal, ce n’est pas légal, quoi »
, renchérit une autre.
« Lettre d’excuse »
Sur les réseaux sociaux, la vidéo des dealers enregistre déjà près de 186.000 vues. À la manœuvre, une bande de narcotrafiquants qui gangrènent la cité des Escanaux, et n’en sont pas à leur coup d’essai pour se faire passer pour des bienfaiteurs. Il y a quelques mois, ce sont déjà eux qui avaient envoyé une « lettre d’excuse et d’engagement »
à tous les habitants. « Nous mettons à disposition des jeunes motivés pour vous rendre service, que ce soit pour des courses, du bricolage, ou toute autre aide dont vous pourriez avoir besoin »
, promettait le texte. Les dealers, dont la bande est connue sous le nom de « la Gitani », organisent aussi des distributions de vêtements, qu’ils relaient ensuite sur les réseaux.
L’objectif : acheter le silence de la population, et se livrer à leurs activités illégales en toute impunité. « Ils servent les mémés, ils les rentrent, les accompagnent aux commissions, et les mémés les paient un peu »
, témoigne une habitante. Du côté de la police, cette stratégie de prise de contrôle du territoire inquiète. « Ils veulent se montrer incontournables vis-à-vis de la population, dans un rôle social »,
explique Bruno Bartocetti. Pour ce secrétaire national du syndicat policier Un1té, « c’est ni plus ni moins ce que font les cartels d’Amérique latine, en expliquant que finalement l’État n’est pas en capacité de venir vers la population, et de répondre à leurs attentes »
. Pour les forces de l’ordre, identifier les auteurs masqués de ces vidéos est complexe. Pour l’instant, aucune interpellation n’a encore eu lieu.




