lundi, janvier 5

  • La séquence a tout d’un clip promotionnel de n’importe quelle enseigne pour Noël.
  • Ce sont en fait des dealers de Bagnols-sur-Cèze, déguisés en père Noël, qui vantent leur marchandise.
  • Ces images n’amusent pas les habitants, a constaté TF1 sur place.

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La France en proie au narcotrafic

Musique de Noël, tapis rouge, et un chemin bordé de guirlandes qui mène à un buffet bien garni… et surtout à des trafiquants de drogue déguisés, qui se mettent en scène. Ils n’offrent aucun cadeau, mais proposent à la vente stupéfiants et cigarettes de contrebande, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessus. 

À Bagnols-sur-Cèze (Gard), où elles ont été tournées, ces images n’amusent pas les habitants. Très peu d’entre eux ont souhaité les commenter devant notre équipe, par peur des représailles. « Un père Noël qui deale, c’est choquant », réagit l’une d’entre eux au micro de TF1. « Je n’avais pas vu cette vidéo, et franchement j’ai été un peu choquée quand même, c’est pas normal, ce n’est pas légal, quoi », renchérit une autre.

« Lettre d’excuse »

Sur les réseaux sociaux, la vidéo des dealers enregistre déjà près de 186.000 vues. À la manœuvre, une bande de narcotrafiquants qui gangrènent la cité des Escanaux, et n’en sont pas à leur coup d’essai pour se faire passer pour des bienfaiteurs. Il y a quelques mois, ce sont déjà eux qui avaient envoyé une « lettre d’excuse et d’engagement » à tous les habitants. « Nous mettons à disposition des jeunes motivés pour vous rendre service, que ce soit pour des courses, du bricolage, ou toute autre aide dont vous pourriez avoir besoin », promettait le texte. Les dealers, dont la bande est connue sous le nom de « la Gitani », organisent aussi des distributions de vêtements, qu’ils relaient ensuite sur les réseaux.

L’objectif : acheter le silence de la population, et se livrer à leurs activités illégales en toute impunité. « Ils servent les mémés, ils les rentrent, les accompagnent aux commissions, et les mémés les paient un peu », témoigne une habitante. Du côté de la police, cette stratégie de prise de contrôle du territoire inquiète. « Ils veulent se montrer incontournables vis-à-vis de la population, dans un rôle social », explique Bruno Bartocetti. Pour ce secrétaire national du syndicat policier Un1té, « c’est ni plus ni moins ce que font les cartels d’Amérique latine, en expliquant que finalement l’État n’est pas en capacité de venir vers la population, et de répondre à leurs attentes ». Pour les forces de l’ordre, identifier les auteurs masqués de ces vidéos est complexe. Pour l’instant, aucune interpellation n’a encore eu lieu.

La rédaction de TF1info | Reportage : Emmanuelle BINET, Lisa DUCAZAUX

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