- Un navire de croisière s’est vu refuser d’accoster dans une ville turque en raison de l’orientation sexuelle de ses passagers.
- L’agence de voyage a indiqué que le paquebot fera escale au Caire, en Égypte, puis en Crète au lieu de faire étape en Turquie.
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Le Scarlet Lady et ses passagers ne sont pas les bienvenus en Turquie. Le navire de croisière de Virgin Voyages a quitté dimanche 5 juillet la ville d’Athènes, en Grèce, pour « un voyage épique 100% gay » de dix jours organisé par Atlantis Events, une agence de voyage américaine spécialisée dans la clientèle LGBT+. Initialement, le navire devait accoster ce mardi 7 juillet dans la ville turque de Kuşadası, avant de faire étape le 8 juillet à Istanbul, la capitale.
Mais le paquebot s’est vu refuser l’entrée au port après avoir « suscité une vive inquiétude au sein de la population »
, ont indiqué les autorités de la province d’Aydin dans un communiqué de presse (nouvelle fenêtre) « Il n’y a absolument aucune possibilité que le groupe en question se rende dans notre province pour un événement de cette nature »
, écrivaient-elles, en évoquant pour justifier cette décision « des comportements qui ne correspondent pas à la structure de notre société et à nos valeurs morales »
.
Le raisonnement derrière tout ça, c’est qu’il s’agit d’un groupe gay
Le raisonnement derrière tout ça, c’est qu’il s’agit d’un groupe gay
Le PDG d’Atlantis Events, Rich Campbell
Le PDG d’Atlantis Events, Rich Campbell, s’est dit choqué par cette décision. « C’est assez stupéfiant, pour être honnête »
, a-t-il déclaré à la chaîne américaine CNN (nouvelle fenêtre). « Le raisonnement derrière tout ça, c’est qu’il s’agit d’un groupe gay »
, a-t-il ajouté. Auprès du journal américain USA Today
(nouvelle fenêtre), il explique avoir accosté à Kuşadas et à Istanbul à treize reprises au cours des vingt-cinq dernières années dans le cadre de croisières gay, sans que cela ne pose aucun problème.
« Lorsque nous accostons, le bateau ressemble à n’importe quel autre »
, a souligné Rich Campbell. « Nous ne sommes pas une manifestation, nous ne sommes pas une organisation, nous ne faisons en aucun cas une déclaration politique »
, a-t-il poursuivi.
Le navire fera désormais escale au Caire, en Égypte, et en Crète. Les représentants du gouvernement turc n’ont pas encore commenté cette affaire.
Des islamistes ont fait campagne sur les réseaux sociaux
L’homosexualité n’est pas illégale en Turquie, mais la communauté LGBT+ est souvent prise pour cible par le président Recep Tayyip Erdogan, qui l’accuse de la baisse de la natalité dans le pays. La Gay Pride d’Istanbul était autrefois un événement animé rassemblant des milliers de manifestants, mais elle est interdite chaque année depuis 2015 par le gouvernement conservateur au pouvoir en Turquie.
Fin juin, les autorités turques ont ordonné la fermeture d’un bar gay à Istanbul, l’accusant d’infractions, après des protestations contre son propriétaire émanant de groupes islamistes. Des groupes islamistes avaient alors lancé sur les réseaux sociaux une campagne contre cette croisière, affirmant que l’étape en Turquie de la croisière avait été organisée par le propriétaire du bar, Mustafa Dogan Yilmaz. L’agence de voyage Atlantis Events a donc pris la décision d’annuler l’escale.
Comme le rappelle le Guardian
, en 2000, 800 personnes participant à une croisière LGBT+ s’étaient déjà vu refuser l’entrée dans la ville turque de Kuşadası et la visite des ruines romaines voisines d’Éphèse. À l’époque, le ministre turc du Tourisme, Erkan Mumcu, avait publiquement présenté ses excuses. « J’espère qu’ils pourront terminer leur voyage sans aucun problème »
, avait-il déclaré, avant d’ajouter : « Nous ne pouvons pas faire de discrimination en fonction de l’orientation sexuelle des gens. »




