vendredi, janvier 2

Un homme de 56 ans a été condamné vendredi 2 janvier à Aix-en-Provence à six mois ferme sous bracelet électronique, pour avoir commandé une poupée sexuelle d’apparence enfantine, en pleine polémique sur la vente de ce type d’objets par des plateformes chinoises.

« Je n’ai pas de tendances pédophiles », « je n’ai aucune attirance sexuelle pour les enfants », a assuré le prévenu à l’audience, un électromécanicien de 56 ans. Pressé par l’avocat de la partie civile, l’association Parole d’enfant, sur un potentiel usage de la poupée pour se masturber, évoqué lors d’un interrogatoire de police, il admet avoir « effectivement envisagé cette possibilité ».

L’affaire avait débuté quand des employés d’une société de livraison avaient alerté la gendarmerie de Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône) sur la découverte, dans un colis en provenance de Chine, d’une poupée de ce type. Il avait passé commande sur Hydoll.fr, un site spécialisé dans la vente de poupées sexuelles appartenant à une compagnie hongkongaise et librement accessible en France.

Mais pour lui, ce « mannequin articulé » devait lui servir à s’entraîner pour donner des cours, évoquant son « rêve » de devenir enseignant, il souhaitait une telle poupée pour se filmer « et faire l’autoévaluation de [sa] manière d’être quand [il] parle. »

Face à ses dénégations, la présidente du tribunal correctionnel est revenue plusieurs fois à la charge, évoquant « une poupée sexuelle d’apparence infantile » avec « un orifice au niveau des parties génitales pour pouvoir être pénétrée ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Derrière le scandale des poupées sur Shein, la modération approximative des autres « marketplaces »

Et le tribunal de rappeler que l’homme, deux fois divorcé, avait déjà été condamné à deux ans de prison avec sursis pour avoir sexuellement agressé une de ses filles, qui avait évoqué des « attouchements sexuels » et une pénétration avec des doigts. Des images « pédopornographiques » avaient également été retrouvées sur son ordinateur – parfois « des gosses qui font des fellations ».

Il a été finalement reconnu coupable « d’importation » et de « tentative de détention » de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique et condamné à dix-huit mois de prison dont six mois ferme. Les douze autres mois sont assortis d’un sursis probatoire, conditionné par une obligation de se soigner.

Il écope également d’une interdiction d’exercer toute profession en contact avec des mineurs pendant cinq ans. Et d’une inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais). Le parquet avait requis douze mois d’emprisonnement avec un sursis probatoire de deux ans avec obligation de soins psychiatriques.

Obligation de se soigner

Pour le procureur, le mannequin mesure 1,3 mètre – « la taille d’un enfant » –, donc « il ne s’agit absolument pas d’une poupée banale ». « Le danger, c’est que vous puissiez éventuellement passer à l’acte avec de vrais enfants », a-t-il mis en garde.

Le Monde Ateliers

Cours en ligne, cours du soir, ateliers : développez vos compétences

Découvrir

Newsletter

« A la une »

Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »

S’inscrire

Newsletter

« La revue du Monde »

Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer

S’inscrire

Le Monde

« La Météo du Climat »

Explorez notre portail météo et plongez dans nos analyses pour mieux décrypter le climat d’aujourd’hui et de demain.

Découvrir

Newsletter

« La revue du Monde »

Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer

S’inscrire

Newsletter

« A la une »

Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »

S’inscrire

Le Monde

« La Météo du Climat »

Explorez notre portail météo et plongez dans nos analyses pour mieux décrypter le climat d’aujourd’hui et de demain.

Découvrir

Dans les procédures « mettant en cause des pédocriminels » environ 50 % d’entre eux « avant de passer à l’acte sur des enfants de chair et d’os, avaient déjà fait l’acquisition » de poupées pédopornographiques, a estimé Joanny Moulin, l’avocat de l’association Parole d’enfant.

« On est dans une polémique Shein, et donc justice de l’instantané, justice de l’émotion », a de son côté regretté l’avocat du mis en cause, Me Nicolas Perrin, lors de sa plaidoirie. Il a précisé aux journalistes que son client ne savait pas encore s’il allait faire appel.

L’affaire dans les Bouches-du-Rhône était survenue en pleine polémique autour de la commercialisation de poupées sexuelles à l’apparence enfantine par des plateformes chinoises, librement accessibles dans toute la France.

Une vingtaine de personnes soupçonnées d’avoir acheté en ligne ce type de poupées sur les plateformes Shein et AliExpress ont ensuite été interpellées lors d’un coup de filet mi-décembre. Parmi elles, un homme de 41 ans a été condamné à Tarbes, le 15 décembre à deux ans de prison ferme et une obligation de soins.

Les chefs d’accusation comprenaient l’acquisition et la détention d’objets pédopornographiques, mais il a aussi été reconnu coupable d’agression sexuelle sur une mineure de 8 ans. Mardi, un autre homme doit être jugé pour une affaire similaire à Avesnes-sur-Helpe, dans le Nord.

Lire le décryptage | Article réservé à nos abonnés Le scandale des poupées Shein expliqué en cinq questions

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu
Share.
Exit mobile version