
Au cambrien, il y a 513,5 millions d’années, la vie marine a connu un soubresaut, avec la disparition soudaine d’une partie de sa biodiversité – essentiellement des éponges formant des récifs. Comment l’écosystème a-t-il rebondi après cet événement dit « de Sinsk » ? La découverte, dans une carrière de la province de Hunan, dans le sud de la Chine, d’un site fossilifère exceptionnel, suggère que la crise n’a peut-être pas été dévastatrice pour la majorité de la faune.
Entre 2021 et 2024, pas moins de 8 681 spécimens ont été identifiés par l’équipe de Maoyan Zhu (Institut de géologie et de paléontologie de Nanjing) dans des couches datées de 512 millions d’années, et qui s’étaient formées au fond d’un océan. La récolte a livré 153 espèces animales, pour plus de la moitié inconnues. On distingue à gauche Allonnia, ressemblant à un cactus, et, à droite, un arthropode dont l’intestin a été préservé. L’ensemble est décrit dans la revue Nature du 28 janvier.
« Ce gisement est vraiment magnifique », commente le paléontologue Bertrand Lefebvre (CNRS, université Lyon-I), spécialiste de la faune et de la flore du Cambrien, pour qui la qualité de préservation rivalise avec la faune des célèbres schistes de Burgess, au Canada, un peu plus récent (508 millions d’années) et des sites chinois de Qingjiang et de Chengjiang (518 millions d’années). Les quatre gisements sont qualifiés de Lagerstätten, un terme allemand qui désigne des dépôts fossilifères à grain très fins, capables de préserver les tissus mous.
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