vendredi, mars 27

  • Le lieutenant-général à la tête de l’armée israélienne a tiré la sonnette d’alarme sur l’état de ses troupes, selon la presse israélienne.
  • « Les réservistes ne tiendront pas » et l’armée « a besoin maintenant d’une loi sur la conscription », a prévenu Eyal Zamir devant le cabinet de sécurité israélien.
  • L’opposition partage son point de vue, fustigeant la gestion des conflits par le Premier ministre Netanyahou.

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Tsahal a-t-elle les moyens de ses ambitions ? La question se pose après la publication, jeudi 26 mars, dans la presse israélienne, du ressenti d’Eyal Zamir. Le chef d’état-major l’assure : « Tsahal est en train de se diriger vers un effondrement interne ». Un sentiment que semble partager l’opposition, laquelle fustige désormais ouvertement les choix du gouvernement après un mois de guerre contre l’Iran.

C’est mercredi soir lors d’une réunion du cabinet de sécurité, structure gouvernementale restreinte habilitée à prendre des décisions diplomatiques et stratégiques urgentes, que le lieutenant-général aurait fait part de son inquiétude. Depuis l’attaque du 7 octobre 2023, les théâtres d’interventions se sont multipliés – Gaza, Syrie, Cisjordanie, Iran et Liban -, laissant à bout de souffle ses troupes. « Je tire dix signaux d’alarme », a lancé le militaire, selon plusieurs médias israéliens. « Les réservistes ne tiendront pas », a-t-il ajouté, appelant selon la presse à l’adoption de lois réglementant le service de réserve et l’allongement de la durée du service militaire obligatoire.

Nous sommes au bord d’un nouveau désastre sécuritaire

Yaïr Lapid, chef de l’opposition

Eyal Zamir en est également convaincu, l’armée « a besoin maintenant d’une loi sur la conscription ». Le lieutenant-général fait ici référence à une loi permettant d’enrôler les juifs ultra-orthodoxes, largement exemptés de service militaire. Or cette loi correspond à une demande d’une très large majorité de la population qui ne supporte plus l’exemption dont bénéficient les harédim (« craignants Dieu« , en hébreu) alors que les réservistes, eux, enchaînent les périodes sous les drapeaux depuis 2023. 

Problème : Benyamin Netanyahou est tributaire de ses alliés des partis ultraorthodoxes pour se maintenir au pouvoir. Raison pour laquelle il a, jusqu’ici, usé de tous les moyens pour repousser l’adoption d’un tel texte. Mais combien de temps pourra tenir le Premier ministre ? De l’aveu même jeudi soir du général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l’armée, celle-ci a besoin de « forces supplémentaires ». Notamment au Liban, où l’armée israélienne a établi « une zone de défense avancée » dans le sud contre le Hezbollah et, d’une manière générale, pour pouvoir assurer l’ensemble de ses « missions ». Ces dernières trouvent d’ailleurs un écho favorable au sein de la population : selon un sondage publié jeudi soir par la chaîne N12, 60% des Israéliens soutiennent la poursuite de la guerre contre l’Iran, et 67% celle des combats contre le Hezbollah au Liban.

En attendant une éventuelle évolution de la doctrine du pouvoir en place, l’opposition, elle, tire à boulets rouges sur Benyamin Netanyahou. « Je veux mettre en garde les citoyens d’Israël, nous sommes au bord d’un nouveau désastre sécuritaire », a averti solennellement le chef de l’opposition, Yaïr Lapid. « Tsahal est poussée à bout, au-delà de ses limites », a déclaré ce dernier, accusant le gouvernement de laisser « l’armée blessée, abandonnée sur le champ de bataille ».

« Le gouvernement ne gagne nulle part, ni au Liban, ni à Gaza (…) En Iran, nous verrons », a indiqué pour sa part l’opposant de droite Naftali Bennett. « Nous avons établi un État ultraorthodoxe à l’intérieur de l’État d’Israël », a-t-il poursuivi, appelant à l’adoption rapide d’une loi de conscription universelle. Même son de cloche chez certains députés du Likoud, le parti au pouvoir. « Être de droite, c’est avant tout privilégier la sécurité« , a publié sur X Dan Illouz, pourtant initialement opposé au projet de loi sur l’exemption de conscription des harédim. Avant d’appuyer : « On ne peut pas exiger l’annexion, l’établissement d’implantations et la victoire totale, puis laisser l’armée nationale s’effondrer par manque de soldats. »

T.G.

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