mardi, mars 10

La Belgique à un point de bascule face au narcotrafic? Bart Willocx, président de la cour d’appel d’Anvers, a mis en garde dans un entretien au Guardian contre la menace criminelle représentée par le trafic de drogue transitant par le vaste port de la ville, principal point d’entrée de la cocaïne en Europe.

« Les sommes d’argent en jeu – pour influencer, corrompre et soudoyer les gens – sont tellement importantes qu’elles constituent un véritable danger pour la stabilité de notre société », a-t-il déclaré au quotidien britannique lundi 9 mars.

Ce cri d’alarme rejoint celui lancé en octobre dernier par un juge d’instruction anonyme, qui estimait que la Belgique risquait de devenir un « narco-État » dans une lettre ouverte publiée par le tribunal d’Anvers. « Ce qui se passe aujourd’hui dans notre juridiction et au-delà n’est plus un simple problème de criminalité. Nous sommes confrontés à une menace organisée qui sape nos institutions », alertait-il.

Anvers, capitale européenne de la cocaïne

Selon Europol, plus de 70% de la cocaïne entrant en Europe est passée par Anvers et Rotterdam en 2024, même si l’agence a déclaré l’année dernière que les criminels utilisaient de plus en plus les ports plus petits.

Sur place, le narcotrafic engendre violences, enlèvements, blanchiment d’argent et corruption. Les juges, forces de l’ordre et employés du port sont victimes d’intimidations.

A titre d’exemple, des criminels ont versé plus de 250.000 euros à un docker pour le déplacement d’un seul conteneur, indique au Guardian le procureur d’Anvers Guido Vermeiren. Ceux refusant de coopérer « ont reçu des lettres, des photos de leurs enfants. Leurs domiciles ont été la cible d’attaques à l’engin explosif artisanal ».

Les narcotrafiquants n’hésitent pas à recourir à des mineurs, illustre encore le magistrat, qui indique que des enfants de 13 ans ont été payés pour s’introduire par effraction dans le port d’Anvers et y voler de la cocaïne.

Les menaces contre les juges sont également croissantes, à tel point que « de plus en plus de juges belges sont contraints de vivre dans des maisons sécurisées », rapporte le Guardian. « Du jour au lendemain, vous devez quitter votre maison, vous devez quitter votre famille et vous allez vivre dans un endroit où personne ne sait où vous êtes », explique le président de la cour d’appel d’Anvers Bart Willocx.

Réclamant plus de moyens pour le système judiciaire, le procureur Guido Vermeiren affirme que le gouvernement belge – ​​une coalition dirigée par le conservateur flamand Bart De Wever – « reconnaît le problème, mais s’arrête là ».

Article original publié sur BFMTV.com

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