lundi, juin 1

Un trafiquant de 31 ans est jugé en appel par la cour d’assises du Gers pour avoir tué une gendarme en forçant un barrage routier alors qu’il roulait sans permis, sous l’emprise de stupéfiants, en 2020 dans le Lot-et-Garonne.

Le chauffard a été interpellé à l’issue d’une course-poursuite sur 20 kilomètres avec les forces de l’ordre, en roulant parfois à plus de 150 km/h sur une route départementale. Il était en possession de 160 grammes de cocaïne.

En première instance, Yassine El Azizi avait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises du Lot-et-Garonne. Tout au long du procès, il avait nié avoir foncé délibérément sur la victime.

Contournant des herses déployées sur la chaussée, il avait fait un écart brutal, percutant violemment la victime qui n’avait pas survécu à ses blessures.

Les parents de la jeune femme de 25 ans « attendent une nouvelle condamnation pour les faits qu’il a commis. Ils ne sont pas dans la vengeance ou la haine. Ils souhaitent une application juste de la justice », a précisé leur avocat Philippe Bellandi à l’AFP, soulignant qu’il était pour eux « difficile d’évoquer à nouveau les faits ».

Alors que l’avocat de la défense, Edouard Martial, avait plaidé « l’accident », lors du procès en juin 2025, justifiant son appel par un « verdict extrêmement lourd, hors-sol », Me Bellandi souligne que l’accusé roulait « à plus de 140 km/h au moment de l’impact », un choc si violent qu’une jambe de la gendarme a été retrouvée à 50 mètres de là.

Sa mort avait suscité une grande émotion, et une marche avait rassemblé 2.000 personnes à Aiguillon, petite ville du Lot-et-Garonne où elle travaillait. Mélanie Lemée, ex-championne de France militaire de judo, venait de réussir l’examen d’officier de police judiciaire.

L’arrêt de la cour d’assises est attendu le 10 juin. Yassine El Azizi est jugé pour violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

En requérant 30 ans en première instance, l’avocat général avait estimé que l’accusé avait « pris délibérément l’option de foncer sur la gendarme dans une extrême violence ».

Citant les experts, il a affirmé qu’il disposait d’une « visibilité parfaite » et n’avait eu « aucune action sur la pédale de frein », restant « pied au plancher », ce qui fait de lui « un tueur ».

La défense considère que son client aurait dû être jugé pour homicide involontaire aggravé par un tribunal correctionnel, et non aux assises.

Pour Me Martial, la cour devra tenir compte que son client est accusé de « violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Doit-on traiter de la même manière un assassin et une personne poursuivie pour avoir involontairement donné la mort? C’est le débat au coeur de ce procès », a-t-il souligné à l’issue de la première journée d’audience.

cor-ap/hj

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