Une erreur de jugement aux terribles conséquences. Il y a quelques jours, un homme âgé de 83 ans a été condamné à une peine de prison avec sursis pour avoir grièvement blessé un promeneur qu’il avait confondu avec un sanglier lors d’une partie de chasse, entraînant des séquelles à vie pour la victime.
Comme le rapporte Var Matin, les faits se sont produits le 30 octobre 2024, dans une forêt de Bormes-les-Mimosas (Var), aux abords d’un terrain privé situé non loin du célèbre Fort de Brégançon.
La victime touchée alors qu’elle revenait d’une cueillette aux champignons
Ce matin-là, vers 7h, la victime, âgée d’une trentaine d’années, et deux de ses amis se sont rendus dans les bois pour cueillir des champignons « avant que les responsables de la battue organisée ce matin-là n’aient installé les six panneaux de mise en garde » précise le quotidien régional.
Une fois la récolte faite, le trentenaire, qui s’était éloigné de ses compagnons, s’apprêtait à sortir de la forêt lorsque le drame s’est produit. En un instant, la jambe gauche du promeneur a été « pulvérisée » sans que celui-ci ne comprenne ce qui venait de se passer.
« Je pensais avoir marché sur une mine »
« Je n’ai pas entendu de chien, je n’ai pas vu de chasseurs, je pensais avoir marché sur une mine », témoigne la victime, citée par Var Matin. En réalité, le jeune homme avait été touché « par une balle de calibre 30R Blaser utilisé pour la chasse aux sangliers », tirée par un chasseur se trouvant à moins de 25 mètres de lui.
D’après le quotidien régional, un témoin de la scène est immédiatement intervenu pour venir en aide au blessé, fixant un garrot de fortune au dessus du tibia « atomisé » de ce dernier pour tenter de stopper l’hémorragie. La victime a ensuite été évacuée vers l’hôpital le plus proche à l’arrivée des secours.
Test d’alcoolémie négatif pour le tireur
Rapidement identifié, le tireur, âgé de 83 ans, a été entendu par les gendarmes et leur aurait notamment déclaré : « J’ai vu un truc noir, pour moi c’était un cochon ». L’octogénaire, qui portait un gilet fluorescent conformément à la loi, s’est ensuite soumis à un test d’alcoolémie qui s’est révélé négatif.
Le chasseur a ensuite été mis en examen pour les graves blessures infligées au promeneur. Hospitalisé pendant plusieurs mois, ce dernier a définitivement perdu la partie inférieure de sa jambe gauche, remplacée par une prothèse. « Aujourd’hui il n’est toujours pas capable de marcher sans ses béquilles », indique son avocat, cité par Var Matin.
Des préjudices « innombrables et pour certains définitifs »
Près d’un an après les faits, le tireur a finalement comparu devant le tribunal correctionnel de Toulon. « Il n’a pas identifié sa cible, il n’était pas sûr à 100 % », a reconnu son avocate au cours du procès. L’octogénaire a finalement été condamné à huit mois de prison avec sursis. Son permis de chasse lui a été définitivement retiré et il fait désormais l’objet d’une interdiction de détenir une arme.
Comme le précise Var Matin, le tribunal a par ailleurs « fixé les préjudices moraux de la compagne et des deux enfants de la victime à hauteur de 35.000 euros au total » et ordonné une expertise ultérieure pour évaluer les préjudices physiques et psychologiques subis par la victime, qualifiés par son avocat d' »innombrables et pour certains définitifs ». « Plus jamais il ne sera quelqu’un, entre guillemets, de normal », a résumé le représentant du trentenaire handicapé à vie.








