jeudi, janvier 8

  • Les 35 pays de la « Coalition des volontaires » ont validé ce mardi la « Déclaration de Paris ».
  • Celle-ci détaille des « garanties de sécurité robustes pour une paix solide et durable » en Ukraine, a déclaré Emmanuel Macron.
  • Elle comprend entre autres « le déploiement d’une force multinationale après un cessez-le-feu ».

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Ukraine-Russie : en marge des négociations, les attaques russes continuent

Ce n’est pas toujours le cas, mais, ce mardi 6 janvier, les Européens ont affiché un front uni à Paris. Les alliés de Kiev se sont engagés à fournir des garanties de sécurité « robustes » à l’Ukraine « pour une paix solide et durable » dans l’hypothèse encore lointaine d’un cessez-le-feu conclu avec la Russie. La « Coalition des volontaires », qui regroupe notamment les dirigeants de la quasi-totalité des pays européens ainsi que le Canada, s’est réunie dans la capitale française en présence des deux émissaires de Donald Trump sur l’Ukraine, Steve Witkoff et Jared Kushner.

La trentaine de dirigeants a abouti à la signature d’une déclaration d’intention conjointe. La « Déclaration de Paris » évoque « le déploiement d’une force multinationale après un cessez-le-feu » en Ukraine. Cette force, formée par les pays volontaires de la coalition, sera menée par les Européens et « soutenue » par les États-Unis, selon la déclaration finale publiée par la présidence française. Ce déploiement devra apporter « une forme de réassurance, le jour d’après le cessez-le-feu », a détaillé Emmanuel Macron, saluant une « avancée considérable ». Cette déclaration « reconnaît pour la première fois » une « convergence opérationnelle » entre cette coalition, l’Ukraine et les États-Unis, a-t-il dit.

Des « mécanismes de surveillance du cessez-le-feu »

Cette déclaration commune intègre notamment des « mécanismes de surveillance et de vérification du cessez-le-feu » placés sous « leadership américain », a détaillé Emmanuel Macron. Des dispositifs « de solidarité et d’intervention » en cas de nouvelle attaque russe sont également prévus, sans que l’on sache précisément à quel niveau les Américains s’impliqueraient dans cette hypothèse.

En outre, la « Coalition des volontaires » apporte un « soutien aux forces armées de l’Ukraine » grâce à « une assistance militaire à long terme » et de « l’armement ». Ce soutien comprendra notamment, « mais pas uniquement », des « paquets pour la défense à long terme » ou encore « une aide au financement de l’achat d’armes ». Par ailleurs, les alliés de Kiev se sont engagés ce mardi au « renforcement de la coopération de défense à long terme avec l’Ukraine ». Cela comprend « la formation, la production industrielle conjointe dans le domaine de la défense et la coopération en matière de renseignement ».

Selon Emmanuel Macron, ces garanties de sécurité sont « la clef pour que jamais un accord de paix ne puisse signifier une reddition ukrainienne et que jamais un accord de paix ne puisse signifier une menace nouvelle pour l’Ukraine » de la part de la Russie. Le président français a indiqué dans un entretien à France 2 que « plusieurs milliers » de soldats français pourraient être déployés pour maintenir la paix en Ukraine après la signature d’un cessez-le-feu avec la Russie, dans le cadre du déploiement de cette « force multinationale ».

Les troupes allemandes pourraient participer à la « force multinationale », a déclaré ce mardi le chancelier allemand, Friedrich Merz. « L’Allemagne s’engagera sur les plans politique, financier et militaire. Cela peut inclure par exemple l’envoi de forces pour l’Ukraine sur le territoire voisin de l’Otan après un cessez-le-feu », a-t-il indiqué après la réunion à Paris. 

Volodymyr Zelensky satisfait, mais…

Volodymyr Zelensky a de son côté salué ce mardi l’élaboration de « documents substantiels » sur les garanties de sécurité occidentales pour l’Ukraine. Le président ukrainien s’est félicité de « contenu concret » démontrant une détermination à « œuvrer pour une sécurité réelle ». Selon le chef d’État, les garanties de sécurité offertes à l’Ukraine doivent être « fondées sur des obligations juridiques ». En conférence de presse, il a qualifié le résultat du sommet de Paris de « grand pas en avant » tout en assurant que « ce n’est pas suffisant, pas encore ».

Le président ukrainien a en outre fait état de « progrès significatifs » avec les négociateurs américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, avec qui sont discutées des garanties de sécurité bilatérales, en plus de celles collectives, ainsi que des mécanismes de surveillance des « violations de la paix » en cas d’accord avec Moscou. Les garanties pour la sécurité future de l’Ukraine, une fois un cessez-le-feu conclu avec la Russie, ont été « en grande partie finalisées » et permettent aux Ukrainiens de savoir que lorsque ce conflit prendra fin, « ce sera définitivement », a salué Steve Witkoff. « Cela ne signifie pas que nous allons aboutir à la paix, mais la paix ne serait pas possible sans les progrès réalisés ici aujourd’hui », a estimé Jared Kushner, le gendre du président américain, lors d’une conférence de presse commune à l’issue du sommet.

Julien CHABROUT avec AFP

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