Avec notre correspondant à Kiev, Lucas Lazo
Nous marchons dans les bois. Soudain, le drone apparait parmi les arbres, il tourne, il cherche sa cible, jusqu’à identifier un homme caché derrière un arbre et à lâcher une charge explosive factice, dans le cadre d’une mise en scène destinée à former des travailleurs humanitaires, comme ce responsable de la sécurité d’une ONG internationale.
« Bien sûr, ce genre d’entraînement, c’est très important pour les ONG qui travaillent à proximité de la ligne de front… », explique-t-il. « Les drones sont de plus en plus techniques, ils parcourent de plus grandes distances, et sont de plus en plus mortels. Cette expansion de la zone de mort va entrainer un risque accru pour les humanitaires en Ukraine. »
À lire aussiUkraine: Kiev a repoussé une offensive russe d’ampleur, selon le président Volodymyr Zelensky
Mise à jour constante des connaissances
Ces funestes évolutions technologiques rendent presque impossible l’accès aux civils proches de la ligne de front, et obligent les instructeurs à sans cesse mettre à jour leurs connaissances, comme l’explique Nazar, vétéran, amputé de sa jambe droite : « Avec nos collègues, nous tirons parti de l’expérience d’autres pays, d’autres instructeurs, ainsi que celle de nos unités combattantes ukrainiennes, parce que si nous ne suivons pas l’évolution des technologies, nous ne serons plus en mesure d’assurer notre propre sécurité. »
Selon les données partielles de l’organisation INSO spécialisée dans la sécurité du travail humanitaire, au moins 35 employés d’ONG ont été tués en Ukraine depuis le 24 février 2022.
À écouter aussiIran, Ukraine, IA: la tech nouvelle arme de guerre mondiale




