mardi, janvier 20

Le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a annoncé l’an dernier sa dissolution et le dépôt de ses armes à l’appel de son chef historique Abdullah Öcalan, a juré mardi 20 janvier de ne « jamais abandonner » leurs « frères » de Syrie. « Quel qu’en soit le prix, nous ne vous laisserons jamais seuls. Nous, le peuple kurde tout entier et le mouvement, ferons tout ce qui est nécessaire », a déclaré Murat Karayilan, un haut responsable du mouvement, à l’agence ANF, proche du PKK.

Dans le même temps, le parti prokurde DEM, troisième force au Parlement turc et médiateur dans le dialogue avec le PKK, a appelé à plusieurs rassemblements de protestation, notamment à Nusaybin, ville frontalière faisant face à Qamichli, dans le nord-est syrien et sous pression de Damas. D’autres manifestations sont prévues devant les consulats syriens à Ankara et Istanbul.

Rassemblements prokurdes

Le ministre turc de l’Intérieur, Ali Yerlikaya, a cependant averti qu’aucune « provocation » ne serait tolérée. « Nous ne tolérerons aucune tentative, provocation ou opération de manipulation de l’opinion publique visant à perturber la paix de notre pays », a-t-il déclaré, alors que la communauté kurde représente environ 20 % de la population turque. Lundi, tous les rassemblements ont été rapidement dispersés par la police, notamment à Diyarbakir, la principale ville à population kurde dans le sud-est.

Un journaliste français, Raphaël Boukandoura, collaborateur de plusieurs médias dont Courrier International et Ouest-France, a été interpellé à Istanbul alors qu’il couvrait une manifestation du DEM. Il était toujours en garde à vue mardi matin, selon Reporters sans Frontières. Plusieurs membres du parti prokurde ont également été arrêtés.

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Effondrement des négociations entre Damas et les Kurdes

Allié de la nouvelle direction syrienne qui a renversé Bachar al-Assad en décembre 2024, le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué l’offensive « méticuleuse » de Damas contre les combattants kurdes en Syrie, tout en affirmant que la Turquie ne tolérerait « aucune tentative de sabotage ». L’armée syrienne s’est déployée dans des zones évacuées par les forces kurdes dans le cadre d’un cessez-le-feu.

Cette offensive porte un coup sévère aux espoirs d’autonomie des populations kurdes et ravive les tensions autour du processus de paix en Turquie, lancé en octobre 2024 pour mettre fin à plus de quarante ans de conflit ayant fait environ 50 000 morts.

Parallèlement, les négociations entre les autorités syriennes et les Kurdes sur l’intégration de leurs institutions civiles et militaires au sein de l’État se sont « totalement effondrées », a affirmé à l’AFP Abdel Karim Omar, représentant de l’administration autonome kurde à Damas, alors que l’armée masse des renforts face aux zones autonomes kurdes dans le nord-est de la Syrie.

Le chef kurde Mazloum Abdi et le président syrien Ahmad al-Chareh se sont rencontrés lundi soir à Damas pour évoquer l’application de leur accord, proclamé la veille, sur l’intégration des institutions civiles et militaires kurdes au sein de l’État. « La seule exigence [des autorités syriennes] est la reddition inconditionnelle », a-t-il déclaré, appelant la communauté internationale à intervenir.

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