Avec notre correspondante à Tunis, Lilia Blaise
Dans les murs de la Faculté des sciences juridiques et politiques de Tunis, les langues se délient. Entre l’expérience tunisienne et celle d’autres pays, le débat sur l’avenir de la démocratie est plus que d’actualité, selon Maryam Ben Salem, professeure universitaire et spécialiste en sociologie politique.
À la question « est-il encore possible de débattre de la démocratie en Tunisie ? », elle réplique : « Absolument ! Et d’ailleurs, beaucoup de personnes qui ont assisté à ce colloque ont été étonnées de la liberté de ton qu’il y avait et qu’on réussit malgré tout – et malgré le contexte – à maintenir. »
À lire aussiTunisie: la démocratie étouffée quinze ans après la chute de l’ancien régime Ben Ali
Ce colloque « symbolise une résistance académique »
Une liberté de débattre, mais aussi une forme de résistance selon Charbel Chaaya, coordinateur de projets à Avocats sans frontières, l’ONG à l’origine de l’événement. « Il symbolise une résistance académique, une résistance de l’espace civique à tout ce qu’il se passe, et un refus de céder l’espace au néant », lance-t-il.
Au-delà du diagnostic sombre de l’échec des démocraties libérales dans plusieurs pays, Maryam Ben Salem évoque aussi des pistes de réflexion optimistes lors du colloque. « Comment replacer le citoyen au cœur de nos systèmes politiques et couper justement avec cette exclusion et cette auto-exclusion des citoyens ? Je pense que ce sont les éléments les plus importants », conclut-elle.
Une bouffée d’air dans le débat, alors que le mois de février débute avec près d’une dizaine de procès politiques qui s’enchaînent au cours du mois.
À écouter aussiGrand reportage – La jeunesse tunisienne : une résistance en sourdine




