samedi, septembre 12

Les avocats attendaient peu de cette nouvelle audience devant le juge d’instruction au regard des chefs d’accusation qui sont ceux souvent utilisés dans des affaires dites « politiques », selon le comité de défense. L’un des avocats, Rafed Rabbeh, lie cette affaire aux autres procès touchant des opposants politiques, des militants de la société civile ou encore des journalistes, accusés pour beaucoup de blanchiment d’argent.

Selon les avocats des quatre militants emprisonnés – Wael Naouar, Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Chennoufi –, ils étaient devenus gênants pour le pouvoir après le succès populaire de la première flottille internationale partie partiellement des ports tunisiens pour tenter de briser le blocus sur Gaza.

Prolongation de la période de détention préventive

Un an plus tard, alors que les militants devaient participer à une nouvelle flottille, ils ont fait l’objet de campagnes de dénigrement sur les réseaux sociaux et ont été arrêtés avec trois autres membres, remis en liberté depuis mais toujours sous enquête pour « falsification, détention et usage de documents falsifiés », notamment dans la comptabilité et la gestion des dons faits pendant la campagne humanitaire pour la flottille.

Pour beaucoup d’acteurs de la société civile, cette affaire révèle le double discours du pouvoir qui soutient officiellement la cause palestinienne mais parallèlement réprime les militants en Tunisie. Cette prolongation de la période de détention préventive, qui peut aller jusqu’à quatorze mois dans la loi tunisienne, intervient alors que la famille de Wael Naouar et ses avocats alertent sur la dégradation de son état de santé. En grève de la faim depuis le 16 août, il réclame sa remise en liberté et la fin de « cette injustice », selon ses mots. Ses trois collègues se sont également mis en grève de la faim le 10 septembre.

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