Donald Trump a repoussé une nouvelle fois l’ultimatum qu’il avait posé à Téhéran, assurant que les discussions se passaient « très bien » malgré l’apparente défiance de la République islamique envers son plan pour mettre fin à la guerre.
Le président américain menace depuis plusieurs jours de viser les centrales électriques iraniennes pour accélérer la réouverture du détroit d’Ormuz, artère névralgique du commerce mondial d’hydrocarbures.
Donald Trump a fait savoir sur son réseau Truth Social qu’il suspendait « à la demande du gouvernement iranien (…) pour dix jours la destruction de centrales électriques, jusqu’au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington ».
« Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (…), elles se passent très bien », a-t-il ajouté.
Après quasiment quatre semaines d’une guerre qui embrase le Moyen-Orient et fait flamber les cours du pétrole, l’Iran ne plie pas tandis que Washington semble chercher une porte de sortie diplomatique.
En Israël, l’opposition a signalé la fin du consensus politique sur la conduite de la guerre, son chef Yaïr Lapid dénonçant une guerre « sur plusieurs fronts sans stratégie » et avec « beaucoup trop peu de soldats ».
Le pays, qui a enclenché l’offensive contre l’Iran au côté des Etats-Unis le 28 février, mène également des frappes et opérations terrestres dans le Liban voisin, contre le mouvement Hezbollah, allié de Téhéran. Des explosions ont retenti tôt vendredi matin dans le sud de Beyrouth, a constaté l’AFP.
Le porte-parole de Tsahal Effie Defrin a reconnu jeudi soir que l’armée avait besoin de « forces supplémentaires ».
– « Bonnes personnes » –
Depuis le début de la semaine, des efforts diplomatiques ont été déployés par les Etats-Unis pour faire taire les armes.
Washington a présenté à l’Iran, via le Pakistan, une proposition en 15 points.
Si Téhéran refuse d’utiliser à ce stade le terme de « discussion », une source anonyme, citée par l’agence de presse Tasnim, a indiqué jeudi que l’Iran avait transmis « officiellement » une réponse au plan américain « à travers des intermédiaires ». Il a fixé des conditions à une cessation des hostilités et attend désormais « un retour de l’autre partie ».
L’exécutif américain a vu d’un bon oeil le passage de plusieurs pétroliers dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite en temps normal un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et gaz naturel liquéfié, et bloqué de facto par l’Iran depuis plusieurs semaines.
L’Iran a laissé passer « dix navires », a assuré Donald Trump, jugeant que ce geste montrait que son administration « négociait avec les bonnes personnes » en Iran.
Les Etats du Golfe, où les infrastructures énergétiques et les intérêts américains sont régulièrement ciblés, ont demandé à participer au processus de négociation.
Ils entendent « contribuer au renforcement de leur sécurité et de leur stabilité », selon Jassem Al-Budaiwi, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Bahreïn, Qatar, Koweït et Oman).
Israël, silencieux sur ces discussions, poursuit pendant ce temps ses opérations militaires et assassinats de haut responsables iraniens.
Dernier en date, celui du chef de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, décrit par le ministre israélien de la Défense Israël Katz comme « directement responsable du minage et du blocage du détroit d’Ormuz ».
Téhéran n’a pas confirmé l’information.
Israël essuie aussi des attaques. Un homme a été tué jeudi dans le nord d’Israël à la suite de tirs en provenance du Liban voisin.
L’armée israélienne « avance un peu plus chaque jour, mais lentement » dans la zone frontalière entre les deux pays, a rapporté à l’AFP une source militaire sur le terrain.
Selon des sources officielles libanaises, les frappes israéliennes ont fait un millier de morts et un million de déplacés.
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