Entourée de musiciens rock et épaulée par de nouveaux paroliers pour traduire les sujets qui lui importent (amour, résilience, racisme, spiritualité) ainsi qu’un hommage à Simone Veil (1927-2017), Sheila est de nouveau sur les routes pour une tournée dite « 8.0 », qui marque son 80e anniversaire. Elle y chante et danse avec une énergie stupéfiante, fédérant joyeusement quatre générations.
Je ne serais pas arrivée là si…
… Si je n’avais pas eu ces parents-là. Ils s’appelaient Chancel, Micheline et André Chancel, et ils ont été mon coup de chance. C’étaient des travailleurs, généreux, aimants. Et sacrément avant-gardistes, car ils n’ont jamais contrarié les espoirs de leur fille unique qui désirait être artiste, danseuse à l’opéra, écuyère dans un cirque ou chanteuse. Elle rêvait grand, elle ne doutait de rien, et ils avaient beau ne rien connaître au monde du spectacle et n’être que des vendeurs de bonbons qui se levaient chaque jour à 4 heures pour faire les marchés, ils ont accompagné son rêve jusqu’au bout.
Quelle était leur histoire ?
Papa était auvergnat du Cantal. Fils de ferrailleur, il s’était installé comme boucher à Paris avant de reprendre avec sa femme le commerce de confiseries de ses beaux-parents en banlieue parisienne. Ma mère, elle, était née à Créteil et avait un tempérament d’artiste. Elle peignait merveilleusement et on l’invitait à chanter le dimanche dans les fêtes tant elle avait une belle voix. Mais il n’était pas question qu’elle en fasse un métier : ma grand-mère Georgette avait trop besoin d’elle.
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