mardi, mars 10

  • Ce sont des témoignages rares, dans un pays coupé du monde qui subit le feu des forces américaines et israéliennes depuis le 28 février.
  • Ce document exclusif de « Sept à Huit » à Téhéran suit le quotidien d’habitants de la capitale iranienne, en particulier celui de Neda, opposante au régime favorable aux bombardements.

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« Khamenei le tyran, on t’a enfin enterré ! » Comme des milliers d’Iraniens, Neda (le prénom a été changé) a bien cru, au lendemain des premières frappes américano-israéliennes samedi 28 février, que le régime des mollahs était tombé avec la mort du guide suprême. Mais alors que le pouvoir en place semble tenir bon, la jeune femme continue de partager ses émotions et de témoigner. Dans la vidéo visible en tête de cet article, un document exclusif de « Sept à Huit » diffusé ce dimanche sur TF1 (à retrouver également en streaming sur TF1+), elle parle de ses espoirs après la mort de l’ayatollah mais aussi de sa peur « lors des bombardements incessants ». 

Les habitants étaient dehors, terrifiés et bouleversés

Neda

Depuis 15 ans, Neda, qui travaille dans le design, a été de toutes les manifestations contre le régime des mollahs. Notamment celle, sanglante, de janvier dernier. Son mode de contestation ? Taguer des messages de révolte sur les murs de Téhéran. Mais depuis le début des bombardements, la trentenaire s’est confinée. Elle a dû déménager dans l’appartement d’une amie, dans un quartier qui lui semblait plus sûr. Et pourtant. Juste après son arrivée, une maison voisine est complètement détruite. « Les habitants étaient dehors, terrifiés et bouleversés. À ce moment-là, j’ai vraiment essayé de rester calme, mais tout mon corps s’est mis à trembler », raconte-t-elle dans un cours vocal envoyé.

Malgré la mort du guide suprême, la trentenaire doit aussi se méfier car les milices des Gardiens de la Révolution ont repris, malgré les bombes, les contrôles dans les rues de Téhéran. Le contenu des téléphones est vérifié, empêchant Neda d’envoyer des documents sur la guerre en cours. Mais depuis son lieu de confinement, avec son chat et sa connexion Internet vacillante, elle parvient à faire passer quelques messages, sur le ton de l’humour face à la propagande du régime. « À les entendre, on dirait qu’en ce moment, l’Iran a pris possession de la moitié de l’Union européenne, que nous sommes à quelques rues de la Maison-Blanche, que Trump est à genoux et que Netanyahou est mort trois fois », lance-t-elle.

Malgré ce ton, Neda reste inquiète. Pour l’instant, elle a fait le choix de rester à Téhéran. « Mais je ne sais pas combien de temps je resterai fidèle à cette décision », admettait-elle au quatrième jour du conflit. Depuis, elle lutte, comme les autres habitants, face aux bombes et à la répression du régime. « On est content qu’ils frappent et en même temps, on se sent mal », confient de leur côté Amir et Zahri, un jeune couple de commerçants qui accepte aussi de témoigner à visage caché. Neda, Amir ou encore Zahri veulent ainsi garder espoir. Car c’est peut-être tout ce qu’il leur reste.

Cet extrait vidéo est issu du replay de l’émission Sept à Huit. Retrouvez la totalité des témoignages dans la vidéo en tête de cet article.

La rédaction de TF1info | Reportage « Sept à Huit » : Louis OLIVIER, Julien DUMOND, Tinouche NAZMJOU et Élodie PAKOSZ

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