samedi, juillet 11

C’est désormais une étape quasi incontournable des saisons de canicule : la passe d’armes entre Marine Tondelier et Laurent Wauquiez. La secrétaire nationale des écologistes accuse effectivement l’ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes (désormais conseiller spécial du titulaire du poste) de contraindre les usagers du rail à voyager dans des conditions particulièrement inconfortables.

La candidate à l’élection présidentielle, qui est actuellement en Savoie pour son « tour de France » de campagne, a publié vendredi 10 juillet sur les réseaux sociaux une photo d’elle accompagnée de la légende suivante : « Ma tête quand je dois voyager assise sur ma valise dans un TER bondé et surchauffé de Laurent Wauquiez. » On peut y voir la cheffe de file des écolos mal installée dans les couloirs d’un train (sans doute de la famille AGC, que l’on peut reconnaître grâce à ses fenêtres, lesquelles ont fait douter certains internautes quant à la véracité de la photo) et entourée de plusieurs bagages.

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Message reçu par Laurent Wauquiez. Ou plutôt balayé d’un revers de main. « Ravi de vous savoir enfin favorable à la clim. La région a investi 10 millions d’euros en juillet mais vos élus régionaux ont dénoncé ce plan clim. La réalité, c’est que la région vous transporte et climatise progressivement tous ses trains », a ainsi riposté le président des députés LR, en lui souhaitant un « bon week-end en Auvergne-Rhône-Alpes. »

Seuls 53 % des usagers satisfaits en Aura

Ce n’est pas la première fois que les deux dirigeants politiques s’écharpent sur ce sujet. En juin 2025, Marine Tondelier avait déjà publié une vidéo d’elle en train de voyager en direction de la Drôme, dans des conditions toujours aussi sommaires. Elle était contrainte de voyager debout, comme des dizaines de personnes derrière elle.

À cette époque, Laurent Wauquiez avait déjà répondu sur un ton ironique, jouant la fracture entre les élites parisiennes et les habitudes en région. « Bienvenue chère Marine Tondelier dans la vie hors du périphérique et non, il n’y a pas de piste cyclable entre Saint-Étienne et Lyon, les TER n’ont pas la même fréquence que les métros et les gens ne vont pas au travail en trottinettes électriques », avait-il répondu, oubliant au passage que son interlocutrice est élue à Hénin Baumont, dans le Pas-de-Calais. Pas tout à fait dans la couronne parisienne.

Quoi qu’il en soit, au-delà de ces échanges, la candidate des écologistes à la présidentielle soulève un vrai enjeu : celui de la modernisation des rames de train par la région Auvergne-Rhône-Alpes, ou plutôt des retards pris en la matière. Un sujet également mis en avant par plusieurs experts et organismes indépendants ces dernières années, à l’image de la cour régionale des comptes.

Alors que la fréquentation des TER est en progression constante dans la région depuis 2017, et nécessiterait un investissement de 3,8 milliards d’euros, le nombre de rames n’a pas évolué jusqu’en 2024. Résultat ? « Un accroissement des trains en surcharge (…) et un nombre significatif de trains annulés », dénonçait à ce moment-là Bernard Lejeune, le président de la cour régional, dans un rapport particulièrement accablant. Et de prévenir les habitants : « j’ai bien peur de dire qu’il y a encore quelques années difficiles » à venir.

Sans surprise, l’institution pointait également l’insatisfaction manifeste des usagers de la région à l’égard de sa politique ferroviaire. Seuls 53 % d’entre eux se disaient satisfaits et très satisfaits des conditions de voyage en Auvergne-Rhône-Alpes, contre 87 % selon les enquêtes globales de la SNCF. Normal, somme toute, quand on ne peut pas se déplacer en trottinette.

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